samedi 2 décembre 2017

La démocratie encore bafouée ou l'affaire du GLYPHOSATE !


Lundi 27 novembre 2017, dix-huit pays de l'Union Européenne ont voté en faveur de la proposition de l'exécutif européen, neuf s'y sont opposés et un pays s'est abstenu.
Pour que la proposition soit validée il fallait que plus de 65 % de la population soit représentée.

Voici le détail du vote pays par pays :
  • Pour (65,71%): Bulgarie, Allemagne (qui s'était abstenue lors du vote précédent), République tchèque, Danemark, Estonie, Irlande, Espagne, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Finlande, Suède, Royaume-Uni;
  • Contre (32,26%): Belgique, Luxembourg, France, Croatie, Italie, Chypre, Grèce, Malte, Autriche;
  • Abstention (2,02%) : Portugal.

C'est l'Allemagne qui, pourtant, s'était abstenue lors du vote du 9 novembre 2017 et qui a pesé, cette fois, sur le résultat final. Le fait que Monsanto, producteur du RoundUp, soit en cours de rachat1 par Bayer n'est pas, bien entendu, étranger à ce revirement.

Le glyphosate est un herbicide puissant et polyvalent, breveté en 1974 sous le nom de Roundup, qui tue la plupart des plantes. Il est très critiqué par les défenseurs de l’environnement et a été classé comme « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé.

Depuis le début des années 2000, le brevet de Monsanto est tombé dans le domaine public et le glyphosate est utilisé partout dans le monde pour l’agriculture comme pour les jardins publics et privés. Il est fabriqué par plus de 90 sociétés dans une vingtaine de pays. Le marché mondial du glyphosate devrait dépasser 6 milliards de dollars en 2024. En France, il a été l'herbicide le plus vendu entre 2008 et 2013. Selon une enquête de « Cash Investigation » citée par France Info, 47 626 tonnes de glyphosate ont été écoulées dans l’Hexagone pendant cette période.

Le Roundup qui est utilisé dans les années 1990 permet aux agriculteurs de produire plus pour répondre à la demande - entre 1960 et 2004, le volume de la production agricole totale a doublé. En voulant interdire l'utilisation du glyphosate en France, Nicolas Hulot et le gouvernement ont suscité une levée de boucliers parmi les agriculteurs car beaucoup d'entre eux, notamment la FDSEA et la FNSEA, invoquant que ce produit est indispensable pour éliminer les mauvaises herbes, chardons et plantes vivaces, afin de préserver les plantes cultivées, défendent l’herbicide inventé par Monsanto. D’après ses utilisateurs, il n'y a pas d’équivalent aussi efficace et bon marché.

Pourtant, l'utilisation du Roundup par les particuliers et les agriculteurs n'est pas sans incidence sur l'environnement. En 2014, l'Inra prouve l'effet néfaste de ces produits sur les abeilles qui lorsqu'elles sont exposées à l'herbicide perdent le sens de l'orientation et ne retrouvent pas leur ruche. Les conséquences sont importantes sur la production de miel qui a atteint à peine 15 000 tonnes en 2013, contre 33 000 vingt ans auparavant. L'homme pourrait bien constituer la prochaine victime du Roundup. « Nous avons découvert que le glysophate changeait la régulation de la division des cellules, et donc qu'il avait une incidence sur l'induction de cancer », explique Robert Bellé2. Des conclusions également révélées par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Monsanto affirme sur son site que « les preuves sont limitées », que « Plusieurs études ne sont pas vraiment des études, mais plutôt des hypothèses », que « la corrélation entre le Roundup et la hausse des cancers reste difficile à établir ». Dans le même temps, de nombreux journaux internationaux affirment que la firme américaine a cherché à influencer les médias et la recherche scientifique afin de minimiser ou nier la toxicité du Roundup.

Au travers de ce vote des 28, il est impossible de ne pas voir la victoire du lobbying industrio-financier et la défaite d’une certaine idée de la Commission européenne, censée être garante de l’intérêt général européen et non porte-parole des intérêts des géants de la finance et de l’industrie.

C'est ce point qui met en cause la démocratie.

En effet, le mardi 24 octobre 2017, le Parlement européen a voté une résolution non contraignante, il est vrai, demandant la disparition du glyphosate dans l’Union européenne d’ici 2022 et son interdiction d'utilisation dès le 15 décembre 2017 pour l'utilisation à des fins non professionnelles.
La résolution, a été adoptée par 355 voix pour, 204 contre et 111 abstentions.

Par ailleurs, une pétition avait réuni 1,3 millions de signatures d'Européens, et le vote du Parlement visait à mettre la pression sur la Commission européenne.

Mais les autocrates omniscients de Bruxelles sont restés sourds aux demandes européennes et ont reconduit le « poison » pour cinq années supplémentaires.

Alors, le glyphosate a encore de beaux jours devant lui, les abeilles et les futurs malades aussi, car les membres de la Commission Européenne qui n'ont que faire des avis des citoyens européens en ont décidé autrement malgré les avertissements de l’OMS, la pétition de millions d’hommes et de femmes à travers l’Europe et le vote du Parlement européen.

Comme lors du vote de 2005 sur la Constitution européenne, la démocratie est, une nouvelle fois, bafouée et le citoyen le dindon.

Ca ne peut pas continuer ainsi !

Jean-Claude VITRAN


1    La Commission européenne a annoncé jeudi la suspension temporaire de sa procédure d'enquête sur le rachat de l'américain Monsanto par l'allemand Bayer, afin de permettre aux deux sociétés de fournir des informations jugées importantes par Bruxelles. Une fois ces informations fournies, une nouvelle date butoir sera annoncée pour que la Commission européenne arrête sa décision sur cette fusion, a précisé un porte-parole de la Commission. Initialement, la date-butoir était le 8 janvier 2018.

2.    Biologiste et professeur émérite à l'Université Pierre et Marie Curie.

lundi 20 novembre 2017

UN SCANDALE A 10 MILLIARDS D'EUROS : De qui se moque t'on


"Un scandale d'Etat" : ce sont les mots employés par Bruno Le Maire, Ministre de l'économie et des finances, pour qualifier l'absurdité de la taxe de 3 % sur les dividendes des grandes entreprises instaurée par le premier gouvernement de François Hollande et récemment rejetée par le Conseil Constitutionnel.

Un raté de taille qui contraint l'Etat « macronien » à trouver d'urgence 10 milliards d'euros pour rembourser les entreprises indûment prélevées.

Pour établir les responsabilités de ce scandale, le ministre des Finances avait missionné l'inspection générale des finances (IGF) en lançant un audit sur cette affaire. Ce faisant, il prenait le risque de mettre en cause la responsabilité du président qui en 2012, comme secrétaire général adjoint de l'Elysée, était en charge des sujets fiscaux.
Christian Eckert, ex-secrétaire d’Etat au Budget, affirmant, au passage, dans les colonnes du journal Le Parisien : « Emmanuel Macron ne peut pas dire qu’il ne connaissait pas le dossier. Il le surveillait comme le lait sur le feu. Quand je le voyais, nous parlions d’ailleurs souvent de ce contentieux ».

Le rapport1 a été rendu le 13 novembre. Alors, qui est responsable ?

Tout le gouvernement de l'époque puisque il est écrit que les responsabilités sont plurielles, belle façon de dédouaner tout le monde. Emmanuel Macron, bien entendu, en sort blanchi, car : « A l'été 2012, il n'était pas possible d'anticiper la nature des risques juridiques apparus ultérieurement ».

En fait, le rapport charge les ministres du gouvernement de Manuel Valls : « L’année 2015 marque un tournant décisif dans l’histoire de la taxe à 3 %. C’est en effet à partir de cette année qu’apparaissent des signes d’une perception élargie de la fragilité de la taxe » écrit l’IGF.

C'est Michel Sapin, alors ministre des Finances et des Comptes Publics en charge du dossier, qui porte le chapeau car, dixit le rapport, Emmanuel Macron, pourtant ministre de l’Economie et du numérique, n’était pas directement concerné.

Le plus extraordinaire dans cette affaire n'est pas qu'on trouve le moyen d'exonérer les responsables, cela nous devions nous y attendre, mais ce sont les précautions épistolaires de la rédactrice2 du rapport dans sa rédaction du préambule méthodologique :

« Les lecteurs doivent savoir que j’ai pu être influencée dans cette enquête par mes fonctions antérieures en qualité de directrice de la législation fiscale (de janvier 2004 à mars 2012) et que j’ai personnellement été partie prenante à la genèse du sujet, puisque j’avais sollicité au début de l’année 2012 l’autorisation d’ouvrir une consultation de place pour remplacer la retenue à la source sur les dividendes versés aux organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) non-résidents, dont l’annulation par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) paraissait certaine ; cela n’a pas été possible avant le changement de majorité. ... »

Quelle extraordinaire manière de ne pas se mouiller et de nous prendre pour des crétins !

Jean-Claude VITRAN

1 http://www.igf.finances.gouv.fr/files/live/sites/igf/files/contributed/IGF%20internet/2.RapportsPublics/2017/2017-M-076.pdf

2 Rédactrice : Marie-Christine LEPETIT - Inspectrice générale des finances - Chef du Service de l’Inspection générale des finances.

jeudi 16 novembre 2017

COP 23 : Il n’y a plus d’oiseaux dans mon jardin.


Alors que l'hiver approche, cette année, comme l'année dernière, il n’y a plus d’oiseaux dans mon jardin.

D'aucuns diront : quelle importance !

Je m'en excuse cher lecteur, mais cette question là me semble autrement importante pour nous tous que les pérégrinations de Macron à Tourcoing et à Abu Dhabi ou les échanges effervescents entre Médiapart et le Canard.

D'ailleurs, et ceci explique peut-être cela, il n'y a plus d'insectes non plus dans mon jardin. Je n'ai, pourtant, jamais utilisé de glyphosate1, de Roundup pour être plus clair.

Il n’y a plus d’oiseaux dans mon jardin.

Il paraît que je ne suis pas seul à faire ce constat car c'est l'ensemble de notre planète qui perd, très rapidement, ses oiseaux, ses insectes, ses grenouilles, ses coraux, ses glaciers ... bientôt ses hommes

Depuis toujours, quand vient l'automne et le froid, j'installe des mangeoires, mais depuis quelques mois le nombre d'usagers a diminué, et maintenant ils ne viennent pratiquement plus. Déjà depuis quelques années peu de martinets et plus du tout d'hirondelles, il reste encore la visite épisodique d'un merle, de quelques corbeaux et quelques pies, d'un rouge-gorge solitaire, mais plus aucun moineaux domestiques qui, après leur repas, venaient en bande joyeuse se baigner dans la mare. Même les mésanges me boudent.

Cette désertion s'est faite rapidement et elle s'est accélérée depuis trois ans.

Imaginez, un instant, la vie des nos descendants dans un univers sans oiseaux, sans leurs chants du matin ou du crépuscule, quelle tristesse !

Je suis allé sur le web pour me renseigner et, désespéré, j'ai lu que la sixième extinction massive de la biodiversité est bien en marche et qu'en seulement 30 ans, 421 millions d'oiseaux ont disparu, non pas sur Terre mais seulement en Europe ! Environ 90 % de ces pertes proviennent des 36 espèces les plus communes et les plus répandues, comme les moineaux domestiques, les alouettes, les perdrix grises et les étourneaux. Selon les spécialistes "le déclin global de la biodiversité est sans précédent" (dans l'histoire de l'humanité) et l'étude rapporte que les petits oiseaux déclinent plus vite que les grands et que les espèces les plus communes sont les plus touchées, avec des baisses de population considérables et rapides.

Ce qui est extraordinaire, mais surtout désespérant, c'est que cela n'a pas l'air d’inquiéter mes contemporains qui, lorsque j'en parle, se détournent en haussant les épaules : « encore une élucubration du vieux gâteux ».
Il y a pire, c'est que chacun des gouvernants y va de son couplet alarmant. Hier encore, Emmanuel Macron qui prenait la parole à Bonn dans le cadre de la COP 23 a affirmé que "Le seuil de l'irréversible a été franchi". Affirmer cela est particulièrement grave, car cela semble vouloir dire qu'il est déjà trop tard. Mais non, ça doit pas être si grave, car aussitôt descendu de la tribune, rattrapés et téléguidés par les lobbys industrio-financiers, l'ensemble des gouvernants se contredisent et pratiquent le double langage : blanc à l'extérieur, noir à l'intérieur.

En 2002 à Johannesburg, Jacques Chirac avait dit « qu'il y avait le feu à la maison », pourtant fin 2017, l'incendie fait toujours rage avec toujours plus de vigueur.

Pour en revenir aux oiseaux, sujet de ce blog, selon Richard Inger2 : "la perte importante des oiseaux communs pourrait être très préjudiciable à la société humaine" et mettrait en péril l'avenir de l'humanité étroitement dépendante des ressources de la nature.
En effet, ces oiseaux, comme tous les êtres vivants, sont des éléments importants et incontournables des écosystèmes : ils régulent les ravageurs en contrôlant leur prolifération, ils disséminent les graines des fruits et participent, ainsi, à la reproduction des végétaux et certains d'entre eux jouent un rôle important dans l'élimination des charognes dans l'environnement.

Cependant, ils ne sont pas seuls concernés par une extinction massive dont nous sommes tous responsables et qui met en péril l'avenir de l'humanité.
L'évaluation de quelque 6 000 espèces révèle que 44% de tous les mollusques d'eau douce, 37% des poissons d'eau douce, 23% des amphibiens, 20% d'une sélection de mollusques terrestres, 19% des reptiles, 15% des mammifères et des libellules, 13% des oiseaux, 11% des coléoptères saproxyliques, 9% des papillons et 467 espèces de plantes vasculaires sont menacées.

Le Commissaire européen à l'Environnement, Janez Potočnik, affime : « Le bien-être des Européens et des hommes du monde entier dépend des biens et des services que fournit la nature. Si nous ne traitons pas les causes qui provoquent ce déclin et que nous n'agissons pas d'urgence pour y mettre fin, nous pourrions payer le prix fort. »

Emmanuel Macron vient d'en faire le constat, qu'attend-il pour prendre la tête de la nouvelle croisade ?

Jean-Claude VITRAN

1   Il se consomme 700 000 tonnes de glyphosate dans le monde dont 8000 tonnes en France. Il n'y a pas que le Roundup qui soit en cause, mais aussi 750 produits fabriqués par 90 firmes dans 20 pays. Il n'est pas seulement utilisé comme désherbant, mais aussi comme accélérateur de maturité pour les céréales, les légumes, les fruits … C'est un cancérogène probable, il agit sur l'ADN humain, principalement chez les femmes enceintes et il est avéré que c'est un tueur d'abeilles.

2   Chercheur à l'institut pour l'environnement et le développement durable à l'université d'Exeter - Royaume-Uni

jeudi 2 novembre 2017

« Emmanuel » chiche qu'on ne ratifie pas le CETA !


L'accord de libre échange, appelé CETA, entre le Canada et l'Union Européenne n'a pas encore été ratifié par le Parlement français, pourtant depuis le 21 septembre presque tous les produits européens et canadiens s'échangent sans droit de douane. 

Le seul point qui reste en suspens est la légalité des tribunaux d'arbitrage en cours d'examen par la Cour de justice de l'Union Européenne, malgré tout sans la ratification de l'accord par les 28 membres de l'UE 98 % des produits européens et canadiens s'échangent librement de part et d'autre de l'Atlantique.

La question qui se pose est : « est-il encore possible d'arrêter la mise en œuvre du CETA ? »

En principe, si la Cour de justice dit non ou si un seul État ne le ratifie pas, la mise en œuvre provisoire est stoppée, mais les règles de sortie ne sont pas claires et il « semble » que l'arrêt de la mise en œuvre ne serait pas automatique.

Si un État ne ratifie pas il devra notifier son refus et une discussion s'engagera alors entre les pays européens. Les observateurs sont d'accord pour affirmer que tout dépend de l'État qui rejette l'accord, si c'est la Slovénie, peut-être que la mise en œuvre continuera, si c'est la France, ce ne serait certainement pas le cas.

En ce qui concerne la ratification par le Parlement français, c'est le volet environnement qui semble coincer, car le Canada pourrait remettre en cause les engagements de l'accord de Paris, mais la France Insoumise de Mélenchon pense que c'est « du vent pour gagner du temps » et le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, qui considérait le traité « climaticide » avant d'être ministre, a annoncé une ratification « probablement » au « deuxième semestre 2018 » soit plus d’un an après l’entrée en vigueur du traité !

Tous les spécialistes s'accordent à dire que la lutte contre le réchauffement climatique est « le grand absent » de cet accord et qu'il aura un impact « défavorable » en la matière.

Il semble qu'on peut, une nouvelle fois penser qu'Emmanuel Macron prend les Français pour des imbéciles et qu'il n'a aucune volonté de s'opposer au traité dans son état actuel : pourquoi ne s’est-il pas opposé à l’entrée en vigueur provisoire du traité le 21 septembre ? Pourquoi n’a-t-il pas présenté des contre-mesures à ses homologues européens lors du conseil de l’Union européenne des 19 et 20 octobre dernier ?

Le président semble aussi crédible que son prédécesseur quand il annonçait que la finance était son ennemi !

Les tergiversations du pouvoir ont au moins un avantage, celui de nous donner du temps pour convaincre les parlementaires et les Français que se serait un crime, au moins écologique, que d’appliquer ce traité. 

Au travail !

Jean-Claude VITRAN


lundi 23 octobre 2017

Le président Macron est-il républicain ?



La question « le président Macron est-il républicain ? » se pose aujourd'hui.

La réponse me semble claire : non, Emmanuel Macron n'est pas républicain puisque c'est une conjonction d'intérêts financiers, économiques et privés sans programme politique qui l'a porté au pouvoir pour gouverner la France. 

D'ailleurs, il n'a pas besoin de programme, puisqu'il est, seulement, le super PDG de l'entreprise France, le responsable de sa gouvernance, selon le mot à la mode. L'objectif qu'on lui a assigné est de maximiser les profits de la Start-up nationale.

Son seul mot d'ordre : Réussissez ! c'est la loi.

Et tant pis pour ceux, les plus nombreux qui ne réussissent pas ; ceux là ne sont rien, ce sont des illettrés, des poivrots, des fainéants, des fouteurs de bordel … enfin des minables qui ne méritent pas qu'on s'occupe d'eux, ou simplement à la marge pour avoir la paix.

Depuis son élection, par ses attitudes et ses propos il a montré son profond mépris pour le peuple. Peut-être, d'ailleurs, n'est-ce pas du mépris, mais seulement de l'indifférence ... ou plutôt de la suffisance, de la condescendance, du sentiment de supériorité.

Bien qu'il ait dérogé à ce principe en acceptant, récemment, d'être interviewé à la télévision, rappelons-nous la justification de son mutisme lors du 14 juillet 2017 : « la pensée complexe du président se prête mal au jeu des questions-réponses avec des journalistes ».

Les journalistes sont-ils un peu idiots, ou, pire, sont-ce les Français qui le sont ?

Cette attitude a grandi le fossé qui se creuse entre les citoyens et le président. Lui n'en a cure : il ne fait pas de politique, il est manager et un bon manager ne tient pas compte de l'opinion publique mais seulement de la courbe des profits.

Dans une tribune du journal Le Monde, Alexandre Viala écrit : « Ni de droite ni de gauche, le libéralisme qu’incarne Emmanuel Macron est le nom d’une forme de gouvernement qui se présente comme un défi à la démocratie qui dans la doctrine politique anglo-saxonne, est appelé « épistocratie1 ».

Ce néologisme, peu usité, qui caractérise un gouvernement dont le pouvoir est confié aux savants2 signifie la fin de la République - chose publique - partagée par tous.

En effet, être républicain c'est accepter la démocratie comme un espace collectif où chacun par sa contribution individuelle permet l’émergence de décisions communes et légitimes. Mais, pour les « sachants » composant l'épistocratie, il n’existe que les lois naturelles du marché - la main invisible – celles qui appauvrissent la pensée et qui dépossèdent les individus de leurs droits politiques, de leurs souverainetés et par delà qui conduisent à la mort de la démocratie.

Les citoyens n'ont plus leur place dans ce dogme économico-financier ; ils ne reste plus que des consommateurs transparents, des chiffres sur des tableaux statistiques, des masses globales, qui, cependant, doivent impérativement participer aux résultats financiers du pays sous peine d'être, dégradés, exclus et renvoyés au caniveau.

Nous subissons depuis le 7 mai 2017 cette gouvernance déshumanisée qui creuse tous les jours de profondes inégalités et conduisent notre pays à la faillite.

Jean-Claude VITRAN

1    https://fr.wikipedia.org/wiki/Epistocratie
2   L'idée est ancienne. Déjà, dans La République Platon estimait souhaitable de confier le pouvoir aux philosophes.

mardi 17 octobre 2017

E. Macron a peut-être raison : nous devenons crétins !


En effet, si l'on en croit les spécialistes le monde occidental se crétinise.

Pas seulement parce que nous acceptons n'importe quelle politique, mais parce qu'il y a une baisse généralisée du QI en occident depuis une quinzaine d'années.

Même si on peut douter de la pertinence du QI, sa valeur de comparaison est intéressante et significative.

A l'inverse du 20ème siècle, où l'amélioration des conditions sanitaires et l'accès généralisé à l'éducation avait permis une augmentation du QI moyen, le début du 21ème siècle marque une baisse importante.

Moins 14 points sont constatés au Royaume Uni - score moyen 100. Avec une baisse de seulement 4 points, la France s'en sort légèrement mieux mais son score moyen de 98, la met en queue de peloton des grandes nations mondiales. Cette tendance s'observe aussi en Australie, aux Pays-Bas, au Danemark, en Norvège et en Suisse, etc ...

Les plus forts QI se trouvent en Asie avec des scores de 105 à 110.

Les chercheurs attribuent ce phénomène à des causes écologiques, démographiques et sociologiques : 
- les perturbateurs endocriniens agiraient sur le système thyroïdien empêchant le développement harmonieux du cerveau.

- les individus à QI élevé auraient moins d'enfants entraînant une sous représentation au sein de la population totale.

- La consommation de cannabis régulière et excessive pourrait provoquer une baisse de QI de près de 8 points. 

- Enfin, l'hypothèse d'un abrutissement généralisé dû au temps accru passé devant la télévision. En 2016, il est de 3 heures 52 minutes soit environ 60 jours par an ! Regarder la télévision entraînerait des effets sur les fonctions cognitives chez les plus jeunes notamment.


Il est à noter qu'il s'agit d'une moyenne générale touchant l'ensemble des individus. Cela veut dire que personne n'est à l'abri de ce déclin tendanciel, pas même l'oligarchie qui se considère comme l'élite de la nation.


Jean-Claude VITRAN

vendredi 13 octobre 2017

FRANCAIS : on nous prend pour des crétins !


Lors d'un déplacement en province, Emmanuel Macron a émaillé ses propos de la trivialité : « bordel ».

Même si d'autres avant lui, nous ont habitué à des écarts de langage, on est en droit d'être surpris par l'emploi d'une telle expression dans la bouche du président de la République.

Le problème c'est que cela ne s'arrête pas là car le porte-parole du gouvernement a justifié cette dérive : « on peut être cultivé et parler comme les français ».

Après ses propos sur les ouvrières « illettrées », ses remarques à un ouvrier en T-shirt, sa façon d’opposer les « gens qui réussissent » et ceux « qui ne sont rien », sa récente raillerie sur les « fainéants » … Il faut se rendre à l'évidence, ses « sorties » ne sont pas des dérapages, des banalités de conversation … ce sont des saillies choisies avec soin pour donner des gages à son clan.

Emmanuel Macron n'est pas le président de tous les Français, mais seulement celui d'une prétendue élite qui veut dicter sa loi.

Pour cette auto-proclamée aristocratie qui nous méprise, nous sommes incultes, malpolis, grossiers, populaires, ignares ... en un mot des crétins !

Mais enfin ! pour qui se prennent-t-ils ! ils feraient bien de se regarder dans un miroir !


Jean-Claude VITRAN

mercredi 4 octobre 2017

3 octobre 2017 - L'Etat de droit est mort.


Depuis plusieurs années, je m'évertuais à ouvrir les yeux de mes camarades sur la grave maladie que traversait notre démocratie française.

Après le vote massif des députés de l'Assemblée Nationale du 3 octobre 2017, je suis consterné de vous annoncer sa disparition.

En effet, une large majorité godillot aidés par les socialistes, que je croyais membres de ma famille, ont adopté le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme permettant de faire entrer l'état d'urgence dans le droit commun mais de faire sortir la France de l'Etat de droit.

Pour rappel, l'Etat de droit est celui qui protège tous les citoyens de l'arbitraire et qui les maintient à l'abri du césarisme administratif ou policier.

Nous ne sommes plus dans cette configuration car le nouveau texte de loi est attentatoire aux droits fondamentaux et aux libertés collectives et individuelles.

Nous sommes sortis de l'Etat de droit pour entrer dans un Etat d'exception permanent.

Désormais le pouvoir est concentrè dans les mains de l'exécutif : les préfets, l'administration, les polices, sous prétexte de terrorisme pourront n'importe quand, n’importe où et contre n'importe qui, mettre entrave à la liberté de circulation, de culte, pénétrer dans les domiciles, etc ... sans avoir à se justifier devant une juridiction. Sur de simples présomptions, sous des prétextes fallacieux, l'administration et son relai policier pourront s'en prendre à un individu, l'immobiliser, le mettre à l'écart. Si quelqu'un dérange le pouvoir - syndicaliste, journaliste, blogueur, écologiste, fonctionnaire, opposant ... - il sera relativement simple d'invoquer le terrorisme pour le bâillonner.

On peut, bien entendu, prétendre que mes propos sont exagérés, que la situation n'est pas si grave.

Regardons simplement ce que disait l'avocat François Sureau dans un entretien à Mediapart « il y a eu 6 000 perquisitions administratives pour 41 mises en examen. Et sur les 41 mises en examen, 20 sont des mises en examen pour apologie du terrorisme, c’est-à-dire des crimes d’ordre intellectuel. Au cours de ces 6 000 perquisitions, vous avez parfois bousillé la vie des gens, vous êtes intervenu dans leurs libertés individuelles de manière brutale pour un résultat extrême faible », et il faut aussi se souvenir de l'utilisation alibi de l'état d'urgence contre des écologistes lors de la COP21 et des manifestants contre la loi El Khomri.

Dans ses conditions une nouvelle loi est-elle utile ?

Non, mais le nouveau gouvernement justifie sa loi d'exception en affirmant que le système antérieur est insuffisant et inadapté à la lutte contre le terrorisme. Pourtant, tous les défenseurs des droits et tous les juristes ont montré que cette nouvelle loi n’était pas nécessaire car la France a l’une des législations antiterroristes les plus efficaces d’Europe.

Il y a eu plus de vingt législations en trente ans !

De plus, qui, aujourd'hui, peut prétendre que notre pays ne sera jamais dirigé par un pouvoir encore plus autoritaire.

Est-il utile de lui préparer le terrain ?

La Présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) Christine Lazerges résume parfaitement cette problématique : « Si ce projet de loi est adopté et que l’extrême droite arrive un jour au pouvoir, la France sera dans une situation extrêmement difficile en matière de libertés. Un tel pouvoir n’aurait absolument rien à ajouter à ce texte.»

Il y a deux hypothèses à ce choix politique : le nouveau pouvoir cache ses vraies intentions qui seraient ancrées « très à droite » ou bien il manque d'un minimum de courage politique.

Même si c'est particulièrement navrant et préoccupant, restons sur la seconde hypothèse. Pour sortir, ce qui était nécessaire, de l'état d'urgence sans faire preuve de laxisme aux yeux d'une partie des Français qui croit à son efficacité, de la droite et de l’extrême droite, l'exécutif au lieu de faire preuve de pédagogie s'engouffre dans une nouvelle loi dans la tradition des justices d'exception à la française qui remet en cause l'Etat de droit et la démocratie.

Jean-Claude VITRAN


mardi 3 octobre 2017

Un pied de nez au capitalisme


Pour vendre leur production directement aux consommateurs, sans passer par les réseaux de distribution traditionnels, 35 agriculteurs alsaciens se sont regroupés pour racheter une grande surface à Colmar et vendre leurs produits sans intermédiaire - du producteur au consommateur.

L’initiateur du projet explique que l’idée lui est venue il y a longtemps. « Je suis maraîcher et je pratique la vente au détail depuis longtemps mais j’en avais assez de livrer mes produits à la grande distribution, de cette pression perpétuelle sur les prix et les services et que la situation ne cesse de se détériorer. » il ajoute qu'il cultive, lui-même, 35 sortes de tomates : « mais les supermarchés ne m’en prennent que deux sortes ».

Les agriculteurs, tous situés à moins de 40 km du magasin, tiennent des permanences régulières dans leur magasin, un ancien Lidl, rebaptisé « Cœur Paysan ».
« Les fruits et légumes sont moins onéreux, par exemple le kilo de mâche est vendu 10 euros alors que les grossistes les revendent 12 à 13 euros le kilo (…) Certains produits sont plus chers, concède un maraicher comme les fromages artisanaux, mais la qualité n’est pas la même. »


L'originalité du projet réside aussi dans le modèle économique qui se démarque totalement de celui de la grande distribution. Les agriculteurs restent propriétaires de leurs produits jusqu’au passage en caisse où une commission de 22 à 32% est prélevée par le magasin. Ils sont, ainsi, responsables face aux consommateurs et ce sont eux qui fixent les prix de leurs produits.

Il faut faire connaître ce magasin pas comme les autres afin que cette très bonne idée essaime et que d’autres paysans emboîtent le pas de leurs collègues Alsaciens.

Coeur Paysan : 84, Route de Neuf-Brisach, 68000 Colmar - Tel 09 67 83 57 31 - Email : www.coeur-paysan.com

mercredi 27 septembre 2017

MEDIACRATIE - De qui se moque-t-on ?


« Monsieur le Président, il vous reste à consulter l’Histoire de France pour apprendre que c’est la rue qui a abattu les rois, c’est la rue qui a abattu les nazis, c’est la rue qui a protégé la République contre les généraux félons en 1962 (en 1961, en réalité, ndlr) […], c’est la rue qui a obtenu la quatrième semaine de congés payés en 1968 […], c’est la rue qui a abattu le plan Juppé […], c’est la rue en 2006 qui a obtenu le retrait du CPE […], c’est la rue toujours qui porte les aspirations du peuple français lorsqu’il ne peut les faire entendre autrement …. »

Voici les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon lors de la manifestation parisienne du 23 septembre, tels qu'ils ont été retranscrits par le Journal Le Monde.

En ressortant la phrase : « c’est la rue qui a abattu les nazis » du contexte général, des hommes politiques, des journalistes, des syndicalistes, des historiens, suffocants de rage, tapent sur JLM à qui mieux mieux l'accusant de tous les maux : faute grave, violence, sottise, absurdité ...

Pourtant, le député La France insoumise ne faisait que répondre à Emmanuel Macron qui avait déclaré sur CNN que « la démocratie, ce n’est pas dans la rue ».

Heureusement que la population a fait souvent entendre le bruit de la rue, sinon nous serions encore réduit en esclavage.

Le philosophe a raison : les ignorants ne sont pas toujours du côté qu'on croit.

Il est lamentable de constater, alors qu'il y a le feu à la planète, qu'une partie de la société, qui se prend pour l'élite, n'a pas encore franchi le seuil de la cour de récréation de l'école maternelle.

De qui se moque t'on ?


Jean-Claude VITRAN

mardi 12 septembre 2017

TELEVISION - De qui se moque t'on ?


Cela sera le titre d'une nouvelle et courte rubrique destinée à dénoncer les fourberies, les duplicités, les fraudes, les mensonges, les dissimulations, les escroqueries, etc ... dont nous sommes quotidiennement les victimes.
N'hésitez pas à nous faire part de vos propres récriminations1.

Pour cette première rubrique, nous parlerons de télévision.

Il fut un temps pas si lointain où le téléspectateur devait se satisfaire de regarder une seule chaîne de télévision, puis deux, puis trois … je ne saurais pas vous dire le nombre de chaînes à notre disposition actuellement.

Pourtant, le nombre ne fait pas la qualité et on en arrive, presque, à regretter le temps où l'offre était restreinte.

Non content de nous gaver de séries et de reality show tous plus niais les uns que les autres, de nous matraquer de publicités itératives, pitoyables et, pour certaines, à la limite de la bienséance, de reléguer les émissions intéressantes au milieu de la nuit, toutes les chaînes pratiquent la rediffusion, quelquefois, plusieurs fois, souvent le lendemain voire le surlendemain.
Le comble est atteint durant la période des congés où, à peu d'exception, l'ensemble des émissions journalières est la rediffusion, à l'identique, des programmes déjà visionnés auparavant.
Sans parler de l'inusable Zorro, de la petite maison dans la prairie, ou de la nostalgie des années 60.

Nous devons avoir une pensée compatissante pour les personnes clouées dans leur lit ou leur fauteuil qui n'ont que ce medium pour sortir de leur solitude.

N'oublions pas, il est vrai, que nous sommes dans un système économique de marché qui a fait du profit son crédo et rediffuser ne coûte rien ou presque rien.

Pourtant, nous payons sans regimber, pour fournir aux chaînes TV du « temps de cerveau humain disponible » comme cela a été confessé par un directeur de chaîne, il y a quelques années.

De qui se moque t'on ?

Jean-Claude VITRAN

1    resistancesetchangements@gmail.com

mardi 29 août 2017

Tel le phoenix, le Capitalisme se régénèrera toujours.


On lit souvent que le capitalisme est malade, qu'il est moribond, qu'il va mourir.

Je pense que, bien au contraire, il est en parfaite santé et qu'il ne s'est jamais porté aussi bien.

Il suffit pour s'en convaincre de regarder la forme florissante de ceux qui en profitent. Ils n'ont jamais été aussi riches, et leurs avoirs grossissent de manière exponentielle à chaque seconde.

Les transactions financières sont tellement importantes que de nouvelles monnaies ont été inventées pour éviter de donner le vertige aux esclaves qui n'en jouissent pas.

Un seul exemple pitoyable, la transaction de Neymar entre le Barça et le PSG : 220.000 .000 € pour un salaire annuel de 30.000.000 € soit 2.500.000 € mensuel à comparer avec le salaire moyen1 mensuel d'un employé français : 1.700 €. Le footeux tape dans un ballon pour 1470 salaires moyens.

L'argent coule à flot, mais cette démesure, cette obscénité n'a pas l'air d'interpeller l'opinion publique qui semble subjuguée par des choses aussi insignifiantes qu'un numéro 10.

Le capitalisme, système ultime de l’économie de marché2 associée à la confiscation des terres et des moyens de production, c'est l'accumulation de richesses. Ce n'est pas nouveau, c'est certainement, même, consubstantiel à l'homme et aussi vieux que son apparition sur la terre.

Plus près de nous, vers 350 avant notre ère, Aristote3 dénonçait déjà l'accumulation des richesses chez ses contemporains.

Les procédés se sont modernisés, mais l'aboutissement reste le même et il n'a jamais été aussi triomphant.

Ce n'est pas le capitalisme qui est en crise, c'est le système sociétal.

Faute d'un système de substitution, il n'a jamais été aussi fort ; quand il se grippe, il fait appel à la poche des prolétaires4 qui abusés par le syndrome TINA et le langage libéral succombent. On peut d'ailleurs, légitimement, s'interroger si ce n'est pas au travers des crises qu'il se renforce.

En effet, s'il est fiévreux, tous les gouvernements, tous les organismes internationaux se penchent à son chevet pour le doper, pour le perfuser avec le sang des volontaires désignés d'office et faire repartir de plus belle la machine à profits et à privilèges en oubliant toutes les belles promesses.

Édifier sur du virtuel, il n'endosse jamais de responsabilités, s'il est malade, c'est par la faute des politiques qui alors servent de fusibles. Pour s'en convaincre, il suffit d’écouter le propos de Pierre Gattaz qui réunit actuellement les chefs d'entreprise à l'université d'été du Medef. Le patron des patrons français en appelle à la responsabilité du président Macron de ne pas reculer devant l'opinion sur la réforme du Code du travail. Par ailleurs comme le capitalisme s'est mondialisé, il est transpolitique, il s’accommode aussi bien des démocraties que de la pire des dictatures.

Il ne connaît aucun sentiment aucune vertu, l'humanisme lui est complètement étranger ; pour le capitalisme, seul compte l’arithmétique : addition, multiplication mais aussi division pour mieux dominer et le mot « partage » le fait hurler de fureur. Il a d'ailleurs réussi à pervertir ceux qui oublient qu'ils ont été miséreux et ne veulent plus partager, répétant cette triste litanie : « s'ils sont pauvres c'est de leur faute ! ».

En dernier ressort, il lui reste un chantage monstrueux : la guerre.

La guerre comme moyen d'aplanir les résistances, de faire courber l'échine aux plus récalcitrants, et comme variable d'ajustement au problème démographique mondial. Tous les plus fallacieux prétextes sont alors bons pour entraîner la populace à en découdre.

Le capitalisme sortira encore vainqueur, et la masse passive, comme un seul homme « retroussera ses manches » pour recommencer un nouveau cycle de servitude.

Seul un grand idéal humaniste, une utopie pourrait avoir raison du capitalisme, mais pour réussir, cette utopie doit commencer par changer l'homme.

Jean-Claude VITRAN

1    https://www.toutsurmesfinances.com/argent/a/salaire-median-salaire-moyen-en-france-montant-brut-et-net-evolution
2   L'économie de marché est un système économique qui consiste à prendre les décisions en fonction de l'offre et de la demande dans le cadre d'un marché libre, afin de générer de la valeur ajoutée.
3   La chrématistique est une notion créée par Aristote pour décrire la pratique visant à l'accumulation de moyens d'acquisition en général, plus particulièrement de celui qui accumule la monnaie pour elle-même et non en vue d'une fin autre que son plaisir personnel.
4   Le prolétaire ne possède ni capital ni moyens de production et doit donc, pour subvenir à ses besoins, avoir recours au travail salarié. Le prolétariat ne se réduit donc pas au stéréotype de l'ouvrier en blouse bleue ni du travailleur souillé des mines, mais recouvre l'ensemble des êtres humains qui doivent se soumettre à un travail salarié, quel que soit leur niveau de vie et le niveau de leur salaire. (Wikipédia)