lundi 31 août 2009

Une politique de primaires!

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"Les Grenouilles qui demandent un roi". C'est plus qu'une fable; c'est actuel!

La politique, en France, à la rentrée de septembre 2009, consiste principalement à tourner et retourner les arguments en faveur de primaires électorales, notamment pour désigner, bien à l'avance, le leader capable de remporter les Présidentielles de 2012.

Nous y voilà donc. Un pas de plus est franchi dans la direction d'une américanisation de notre société! Après la personnalisation médiatique, voici la "people-isation" de la politique, région par région, ville par ville, quartier par quartier! Les grenouilles citoyennes vont se choisir un roi-candidat qui pourra d'autant mieux, une fois sur son perchoir élyséen, régner sur le vivier électoral et s'y nourrir tout à son aise!

La Fontaine nous en a pourtant prévenus! Ceux qui réclament un prince tombant du ciel en seront les victimes. Comment peut-on encore concevoir la démocratie, la gestion des affaires du peuple, comme la recherche du meilleur gouvernant au lieu de se préoccuper du meilleur gouvernement?



Jean de la Fontaine (1621-1695)

Au lieu de contester les institutions de la monarchie républicaine que nous a léguées De Gaulle, au lieu de nous opposer à la bipolarisation qui ne fait que s'accentuer, au lieu de rénover une démocratie qui concentre les pouvoirs et refuse de les partager, au lieu de promouvoir le mandat unique (plutôt que le très vague cumul des mandats), au lieu de confier les responsabilités à exacte parité entre humains des deux sexes, au lieu de penser un avenir où l'initiative politique ne sera plus déléguée mais de plus en plus cogérée, on ouvre la boîte de pandore de primaires faites pour seulement choisir l'élite des élites! Et cette idéeAfficher l'image en taille réelle de primaires, exprimée de façon primaire, par des esprits primaires, surgit, une fois de plus, de ce parti né pour que le peuple se saisisse de son destin et qui, tout au contraire, s'empresse, en ce début de siècle, de s'emparer de tous les moyens de gérer le destin du peuple à sa place! Du socialisme, je ne vois pas la trace dans cette copie, palotte, de pratiques d'outre atlantique dont l'Italie nous a révélé combien elles étaient inadaptées à l'Europe et surtout à ce qui se prétend "la gauche"!



Nous ne sommes ni des éléphants (à la mode PS) ni des ânes (à la mode US). Cette politique de caucus à la française ne pourrait qu'être une politique de cocus! Ne nous laissons pas plus berlusconiser que sarkoïser : des primaires, comme axe de nos choix politiques, ce serait l'échec garanti.

jeudi 27 août 2009

Dépasser la gauche ou dépasser à gauche?

Nombreux sont les citoyens qui s'interrogent : pourquoi, depuis l'avènement de la République, en France, les forces politiques de gauche ont-elles toujours été mises en échec? Le Front populaire de 1936 en est l'exemple historique. Les années Mitterrand en seraient l'unique exception, mais s'agissait-il, au cours des deux septennats, de gouvernements de la gauche ?

Il n'a sans doute jamais été aussi urgent et nécessaire de se demander pourquoi cette malédiction semble frapper une partie de la représentation politique ? Ne serait-ce pas parce qu'elle n'a jamais su inventer un modèle économique autre que celui fondé sur la croissance permanente de la production? Comment, dès lors, exercer, de façon durable voire permanente, un pouvoir qui consiste à faire fonctionner un système qui vous nie? Vient un moment où la contradiction est trop violente et il ne reste plus qu'à se débarrasser de responsabilités embarrassantes sans rapport avec ce pour quoi on a été élu.

La question vaut d'autant plus d'être posée qu'aujourd'hui il devient de plus en plus visible que, sans l'écologie, la gauche n'est plus du tout la gauche. Une fois achevée la période 1917-1989 pendant laquelle on a pu croire qu'il y avait une alternative socialiste au capitalisme, communisme et socialisme sont devenus caduques. Sans les nationalisations (et l'étatisation qui les accompagnait), il a semblé que n'existerait jamais plus de véritable bipolarisation économique et politique : est contre ouest, égalité contre liberté, collectivisation contre responsabilisation individuelle, solidarité contre compétition... On a même prétendu que nous étions entrés dans la fin de l'histoire, autrement dit, "la messe était dite" et le capitalisme triomphant était installé à jamais. Plus d'alternative donc, mais, à l'intérieur d'une économie mondialisée, de simples alternances : les bipolarisations étaient devenues celles du grand jeu médiatique électoral et nullement celles de changements d'orientation au sein de régimes différents. Qui veut accéder à la direction des affaires publiques n'aurait pas à faire triompher des idées mais à démontrer l'étendue de ses compétences. Le pilote du navire évite les écueils mais ne détermine pas le cap. La politique serait un savoir faire et un savoir dire; ce ne serait plus un savoir penser l'avenir. D'autres s'en chargent.

Ce que nous appelions la gauche était, précisément, le lieu où se concevait, se préparait, s'organisait un avenir tout autre : la République plutôt que la monarchie, la démocratie plutôt que la dictature, la liberté plutôt que l'esclavage, l'indépendance plutôt que le colonialisme, la coopération plutôt que l'élitisme, le partage social plutôt que l'égoïsme de classe, la paix plutôt que la conquête, l'hospitalité plutôt que l'exclusion, etc. La liste pourrait s'allonger. Le génie des assoiffés de pouvoir aura été de récupérer une partie de ces valeurs, de les adopter et de les adapter afin qu'elles apparaissent comme compatibles avec les principes mêmes de la société clivée où la richesse principale ne puisse jamais échapper aux mêmes.


Paul Valéry (1871-1945)

Nous en sommes là mais une nouveauté inattendue bouleverse la donne politique : le temps du monde fini a commencé comme l'avait bien vu le poète Paul Valéry, dès 1945. Ce n'est plus qu'une question de temps mais le capitalisme a terminé sa phase et la gauche, qui n'y est pour rien, n'a plus qu'à se remettre à rechercher une alternative à un système failli. Si elle ne le peut, elle mourra, puisqu'alors incapable de contester pratiquement ce qu'elle dénonce! Le marxisme tel qu'il a été compris et enseigné (souvent éloigné de la pensée même de Marx) n'offre aucune perspective susceptible de substituer un "nouveau monde" à celui qui prend fin. Nous ressemblons à ces marins qui, sur leur navire, enfermés dans un port dévoré par les flammes, n'ont d'autre choix que celui de fuir et de prendre la mer alors que la tempête y fait rage. Où est le plus grand danger? À l'abri des flots déchainés, au cœur de l'incendie, ou bien, loin de la menace d'un feu mortel, mais affrontés au pire ouragan? Attendre et compter sur sa chance ou prendre l'initiative au risque de tout perdre?

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Marx, l'écrivain, dont la pensée reste active (1818-1883).

Eh bien, il se peut que le pire des crimes soit celui de l'aveugle qui espère un retour au calme. La gauche dite molle qui fonde ses espoirs sur les échecs des actuels gouvernants pour s'emparer des rennes, par simple effet d'alternance, vivent sur une autre planète, qui n'existe plus... , celle où le plus produisait le mieux.

Chaque jour, les affaires reprennent et les inconscients s'en réjouissent, mais la fin du travail aussi s'annonce : on peut produire plus avec moins d'heures travaillées. Ce sur quoi reposait le capitalisme naissant : du travail pour tous, afin d'enrichir toujours plus les détenteurs des moyens de production ne correspond plus à l'organisation de l'économie moderne. Le chômage détruit la vie sociale comme jamais et nous en verrons bientôt les effets ravageurs.

Primaires ou pas primaires ( encore une confusion entre des moyens électoraux et l'ouverture d'un débat national, voire européen), il faudra bien, d'urgence, se pré-occuper des échéances immédiates dont font partie la lutte contre l'effet de serre, le dérèglement climatique, la fin des énergies fossiles, la préservation des réserves en eau, le recul de la bio-diversité, le partage des ressources alimentaires, le développement massif des énergies renouvelables, etc.

Dans ce blog, désormais, plus fréquemment, nous allons prendre notre part dans ce débat qui élargit la solidarité sociale à la solidarité écologique. La gauche véritable (ou tout autre désignation) aura à intégrer ce vieil aphorisme de Gandhi : "vivons simplement pour que tous les hommes puissent, simplement, vivre"!


Gandhi (1869-1948)

Oui, la gauche est dépassable, comme toutes les institutions humaines, mais si elle doit être dépassée, dépassons là à gauche, c'est-à-dire en fidélité avec ce qui l'a fondée, tout en usant du moyen actuel de contester ce capitalisme : l'écologie radicale, celle qui se moque de la croissance verte et solidarise toutes les luttes transgénérationnelles.

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran


lundi 24 août 2009

Idée de décroissance ou décroissance des idées?

La rentrée politique 2009 s'effectue sous nos yeux, dans notre France à la peine. Les médias bruissent de faux scoops tendant, tous, à laisser entendre que le grand rassemblement anti Sarkozy, des Verts au MODEM, est en train de s'opérer. Bien sûr, on laisse grogner quelques récalcitrants, mais la cause est entendue : "Vous voulez avoir une majorité, oui ou merde" (sic), s'écrie Daniel Cohn-Bendit, à Nîmes, devant les Verts, pendant leurs journées d'été ?

L'ennui est que l'antisarkozisme ne constitue pas une politique. La droite du PS, par la voix de Manuel Valls, l'avait déjà affirmé parce qu'elle était prête à se rallier à la majorité, pour peu qu'elle y trouve des places. Olivier Besancenot, à son tour, -divine surprise pour lui!- le rappelle vivement, en espérant pouvoir, de nouveau, installer le NPA comme axe d'une opposition anticapitaliste.


Le choix de société passe par l'argent...!

Les écologistes héritent d'une grave responsabilité! Qu'est-ce qui constitue leur politique? Faire progresser l'écologie dans ce rassemblement fourre-tout qui n'unirait que des opposants, ou affirmer non pas seulement l'autonomie de leurs organisations mais l'autonomie de leur politique? Il leur faudrait, pour cela, un courage qu'il est difficile d'avoir dans un un environnement qui reste marqué par l'électoralisme. C'est d'autant plus difficile que l'avenir économique reste obscur (avec une relance aggravant le chômage!) et que nulle recherche d'une alternative politique véritable n'est engagée.

Précisons. L'antisarkozisme est-il, ou non, un anticapitalisme? L'anticapitalisme du NPA est-il, ou pas, antiproductiviste et antidirigiste? Aux deux questions il faut bien répondre non! La gauche, ou ce qu'il en reste, reste enfermée dans la contradiction qui la scinde : d'un côté les tenants d'une "culture de gouvernement" qui autorise à pactiser avec l'économie de marché; de l'autre les partisans des luttes sociales décisives, censées, un jour, à défaut de Grand Soir, refaire chanter les matins... Bref, d'un côté, la gauche dite molle, qui se refuse à redevenir anticapitaliste, et, de l'autre, une gauche dite extrême, dont l'anticapitalisme, verbal et formel, constitue une "culture de l'opposition permanente".

Il semble qu'il n'y ait de radicalité anticapitaliste et pratique, aujourd'hui, que dans l'écologie politique de la décroissance. Une partie des Verts l'a compris. Mais les "décroissants", parfois bavards et agressifs, qui sont porteurs d'espoir, pourtant déçoivent! Ils s'enferment, à leur tour, dans la dénonciation des impurs et peu de partenaires trouvent grâce à leurs yeux! Il nous faudra bien admettre que la décroissance est chose trop importante pour la confier aux seuls décroissants!


Sans "les sans", la politique manque de sens...

Europe-Écologie a lancé une lumière qui pourrait vite s'éteindre. Tant qu'il ne s'est agit que de s'exprimer soi-même (ce que permet le scrutin proportionnel à un tour, pour les élections européennes!), l'autonomie politique était facile à démontrer. Mais, dès qu'un scrutin à deux tours s'annonce, les obligatoires alliances obligent à des compromis susceptibles de faire glisser de la forme au fond et d'abandonner ce pour quoi l'on existe, autonomie y compris!

Daniel Cohn-Bendit n'a certes pas tort de dire que les électeurs ne sont la propriété d'aucune formation politique et donc que les électeurs du MODEM ne sont pas maudits. Mais il a beau aller répétant qu'il n'a plus d'ambition personnelle, qu'il n'est l'homme d'aucun parti, qu'il n'est pas question de faire des accords au sommet, ce qui transparait, derrière ses discours, c'est l'acceptation du cadre économique où nous vivons, parce que nulle expérience historique heureuse n'a encore jamais permis d'espérer un dépassement du capitalisme.

C'est pourtant de cela qu'il va s'agir! Les uns -dans "la gauche" parlementaire- ne l'envisagent même pas; les autres -dans la gauche antilibérale classique- le désirent , mais sans proposer comment interdire le retour d'un totalitarisme à tout le moins d'un autoritarisme; les troisièmes, enfin, -parmi les écologistes- s'ils l'ont envisagé, le croient impossible avant longtemps, alors qu'il faut agir tout de suite.

Le vrai débat, le grand clivage est donc là. Pas dans la recherche, à court terme, des moyens de remporter les élections régionales puis l'élection présidentielle! Au-delà des moyens, il y a les fins et, sans l'affirmation des fins, tout succès ne peut être qu'incertain, précaire ou improbable. Comme toujours, c'est en visant au delà de l'immédiat qu'on obtient de bons résultats immédiats. Si Europe-Écologie a émergé, c'est parce que ce rassemblement offrait du neuf. Tout recul vers les tractations traditionnelles reconduirait les écologistes vers des satisfactions médiocres, faites pour reconduire des élus, pas pour changer la donne politique!

C'est souvent l'évènement qui commande. La crise, ou soit disant telle, a fait bouger les lignes. Toute la politique des droites (fausse gauche incluse) consiste, à présent, à revenir à la situation antérieure, celle où il n'est question que d'alternance, jamais d'alternative. D'ici 2010, faudra-t-il que les souffrances des hommes, liées à la dégradation économique, s'étendent et se creusent, pour interdire de continuer à se contenter de ces "petites manœuvres politiciennes"? La mutation de civilisation que les écologistes prétendent avoir annoncée, depuis les années 1970, avec Ivan Illich et René Dumont, mais aussi ces dernières années, après André Gorz, ne permet pas de se livrer au jeu de ces petites phrases qui font les délices des journalistes.


Ivan Illich (1926-2002)

Le capitalisme est-il, oui ou non, déjà dépassé et, si oui, que faisons nous pour changer de navire dès lors que celui sur lequel nous sommes embarqués a bel et bien commencé de couler?

Jean-Pierre Dacheux


dimanche 23 août 2009

Le sport : une forme qu'emprunte le capitalisme

Le sport est une activité humaine particulièrement euphorique, qui valorise le corps humain et qu'à son tour, bien entendu, comme toujours, l'appât du gain a dévoyé.


L'olympisme a été acheté.

Le professionnalisme qui nie la gratuité, la compétition qui ne considère que le vainqueur, le nationalisme qui accompagne obligatoirement les champions, les rémunérations énormes qui sont versés aux compétiteurs comme à leurs entraineurs, la politique chauvine des grandes puissances, tout concourt à détruire l'olympisme et à transformer en marchandises et en faire-valoir les athlètes eux-mêmes.

Le capitalisme s'est emparé du sport tout entier, a supprimé à peu près toute activité d'amateur et a porté le "toujours plus" à des niveaux impressionnants. Pour gagner, vaincre, l'emporter, monter sur le podium, être le champion des champions, la tentation du dopage est devenue permanente. L'art de masquer ces dépassements des capacités physiques est même devenu un savoir en renouvellement constant que les traqueurs de fraude ne parviennent plus à surprendre. Les athlètes y jouent leur santé et subissent, de toute façon, drogue ou pas, des entrainements qui lèsent l'organisme sur le long terme. Ne comptent que les résultats immédiats.

Quant aux nageurs, coureurs, sauteurs, lanceurs, cyclistes et autres joueurs des sports collectifs, ils disparaissent dans l'anonymat, même s'ils ont excellé, dès lors qu'ils ne sont pas classés parmi les tout premiers. Qui n'est pas une vedette n'a pas d'existence médiatique. Entre les grands noms de footballeurs, tennimen, et autres recordmen, surpayés, d'une part, et tous ceux et toutes celles, simples salariés, qui entourent ces personnages, sur les stades, qui les valorisent mais que le public regarde à peine, d'autre part, il y a un océan! L'entreprise sportive a désormais, comme l'entreprise artistique, ses cadres, ses tâcherons, ses millionnaires et ses prolétaires.

L'esprit olympique s'est dissous. Il n'y a plus que la gagne qui compte, à tous prix. La devise des Guillaume d'Orange : "Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer", si souvent citée, ne s'applique plus en rien, à présent, au domaine sportif. On ne s'engage dans la compétition que si l'on peut y triompher. Le sport comme simple moyen d'épanouissement du corps ne suffit pas. Le sport qui ne rapporte ni argent ni honneurs est devenu sans intérêt.

Il est particulièrement révélateur d'effectuer ce constat : la compétition est une guerre. L'adversaire est un ennemi. Pour le dé-faire, il faut l'affronter jusque dans ses ressorts psychologiques! Il n'est pas question de se contenter de le surpasser à un moment donné; il faut le détruire en tant que compétiteur, ruiner ses espoirs et, plutôt que le battre, l'abattre.

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En 2008, à Pékin, les Jeux ont permis à la Chine, d'effectuer un coup de force politique.

La philosophie du sport moderne est une philosophie de l'agression : la valeur ne se partage pas. On n'est que si l'on est le premier. La violence est toujours sous-jacente. Le baron Pierre de Coubertin, contrairement à ce que parfois l'on dit de lui, fut le promoteur du culte du héros sportif qui va "plus haut, plus vite, plus loin"... que les autres! Les Jeux Olympiques ont vite cessé d'être des jeux pour devenir des rivalités, des antagonismes et des conflits. Les gouvernements nationaux ont vite compris que ces J.O étaient l'occasion d'une survalorisation des États. Ceux qui l'emportent s'enveloppent d'un drapeau qu'ils font monter, ensuite, lors de cérémonies officielles, au-dessus des stades et au son des hymnes! La victoire se célèbre et ce n'est pas le sport qui est célébré mais l'État vainqueur dont l'athlète triomphant a été un bon soldat. En 1936, à Berlin, Hitler enragea qu'un Noir puisse être le meilleur. Durant des décennies, les "pays de l'Est" ont dopé moralement et physiquement nombre de leurs représentants aux compétitions sportives, notamment, toujours, en Allemagne, en RDA. Cette année 2009, à Berlin encore, les athlètes, entourés de staffs techniques et médicaux, percent les plafonds des records. Ce n'est ni le nazisme ni le communisme qui, cette fois, motivent les passions pour les courses à la gagne, c'est, avec l'intérêt économique, le développement de l'esprit de compétition qui contient un principe ravageur : il faut des vaincus. Non seulement l'on ne peut pas tous triompher mais il est bon que, sous les yeux des spectateurs et des téléspectateurs, des élites s'imposent aux dépens des plus petits... Passe que quelques Kényans courent en équipe et plus vite que d'autres, sur de longues distances, mais quand on comptera les médailles, les "grandes nations" feront toujours la démonstration de leur supériorité.

Le capitalisme sportif est dominant. Il dévore les sportifs en les triant, les sélectionnant, les surentrainant, les conditionnant, les enrichissant pour qu'au cours de quelques années d'exploits, ils prouvent que l'argent est bien le roi qui fait les princes de ce monde. Qu'un autre univers sportif soit possible ne vient plus à l'esprit de personne.

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La compétition, un risque mortel?

Eh bien, c'est dans cette gageure, ce challenge, cette compétition nouvelle qu'il faut s'engager : la compétition pour la compétition comme la croissance pour la croissance n'est pas un bonheur pour l'humanité et, au contraire, est une illusion éblouissante mais dangereuse. La seule compétition qui vaille, c'est celle qui lance le défi des défis : c'est en satisfaisant le plus grand nombre des humains qu'on remporte des succès durables.

Jean-Pierre Dacheux

La croissance ou la voracité de l'Occident.

Connaissez-vous Elzéard Bouffier ? Ce berger paisible et solitaire de Haute-Provence est l’un des premiers « décroissants ».

"Décroissant", quel vilain mot pour nommer les adeptes d'une croissance intelligente qui respecte la pérennité de la nature et la survie de l'humanité.

Les fanatiques de la croissance ne sont pas baptisés les "croissants", ce sont des capitalistes tout simplement. Pourtant, quelle drôlerie que de qualifier Georges Bush, Nicolas Sarkozy et beaucoup d'autres de croissants... (au beurre, bien entendu, car ils se le font, leur beurre !).

Ces fanatiques, plutôt, ces extrémistes de la croissance, sont des assassins en puissance que nous devrions juger par avance pour homicide volontaire. Ils obèrent l'avenir des générations futures, et celui plus immédiat de milliers de nos contemporains qui n'ont pas la chance de vivre dans le monde occidental.

Ils génèrent la barbarie par leur recherche acharnée du profit. La barbarie, déjà présente en Irak, en Birmanie, en Afrique, là où pour exploiter à bon compte les ressources pétrolières ou minières, ils mettent en place et soutiennent des régimes corrompus dont la seul besogne est de faire régner l’ordre par la violence et de se remplir le compte en banque sur le dos de leurs frères.

Une barbarie qui se retrouve dans les camps de réfugiés de Palestine, de Turquie, du Caucase, de la Corne de l'Afrique, de la région des grands lacs africains, du Libéria, d'Angola, de Sierra Leone, du Sri Lanka, de l'ex Yougoslavie, de Colombie, du Timor Oriental, d'Indonésie et j'en oublie.

Et la barbarie ne fera que croître et embellir, quand des millions de réfugiés ne pourront trouver de solutions à leur exode causé par la montée des eaux conséquence du dérèglement climatique. On estime à plus de 50 millions le nombre de personnes, enfants, femmes et hommes, déplacées sans espoir de revoir un jour leur terre.

Tous ces conflits ethniques ou religieux ne sont que des alibis à la voracité de l'occident qui non content de s'en prendre aux personnes, dépècent la Terre de ses réserves. Dans un monde fini, le développement ne peut être infini.

Mais revenons à Elzéard Bouffier. C'est le berger que Jean Giono* a mis en évidence sur le plateau, entre Sisteron et Mirabeau. Ce personnage extraordinaire, solitaire, en parfaite osmose avec la nature, tout en gardant ses moutons, plantait des arbres, des milliers d'arbres, des chênes. Il a ainsi, tout seul, redonné vie à un plateau désertique.

D'aucun dise que c'est une fiction, moi je sais que son histoire est vraie, au vu des résultats **. Elzéard ne prélevait que sa nécessité journalière et, en plus, il aidait la nature à se régénérer.

Voyez, c'est bien l'anti-barbarie, le premier décroissant.

Puis non, décroissant, c'est vraiment trop péjoratif pour qualifier sa sagesse et son intelligence.

Il faut vite trouver un autre mot.

* Jean Giono, L'homme qui plantait des arbres, Folio Cadet Rouge / Gallimard, 1953.

** Lettre que Giono écrivit au Conservateur des Eaux et Forêts de Digne, Monsieur Valdeyron, en 1957, au sujet de cette nouvelle :


Cher Monsieur,

Navré de vous décevoir, mais Elzéard Bouffier est un personnage inventé. Le but était de faire aimer l'arbre ou plus exactement faire aimer à planter des arbres (ce qui est depuis toujours une de mes idées les plus chères). Or si j'en juge par le résultat, le but a été atteint par ce personnage imaginaire. Le texte que vous avez lu dans Trees and Life a été traduit en Danois, Finlandais, Suédois, Norvégien, Anglais, Allemand, Russe, Tchécoslovaque, Hongrois, Espagnol, Italien, Yddisch, Polonais. J'ai donné mes droits gratuitement pour toutes les reproductions. Un américain est venu me voir dernièrement pour me demander l'autorisation de faire tirer ce texte à 100 000 exemplaires pour les répandre gratuitement en Amérique (ce que j'ai bien entendu accepté). L'Université de Zagreb en fait une traduction en yougoslave. C'est un de mes textes dont je suis le plus fier. Il ne me rapporte pas un centime et c'est pourquoi il accomplit ce pour quoi il a été écrit.

J'aimerais vous rencontrer, s'il vous est possible, pour parler précisément de l'utilisation pratique de ce texte. Je crois qu'il est temps qu'on fasse une « politique de l'arbre » bien que le mot politique semble bien mal adapté.

Très cordialement

Jean Giono


Lire le texte de la nouvelle sur : http://www.pinetum.org/GionoFR.htm
Jean-Claude Vitran

vendredi 21 août 2009

Un anniversaire politique de vive actualité

Nous sommes le 21 août 2009. Voici 220 ans, du 20 au 26 août 1789, à Versailles, l’Assemblée Constituante, discutait et votait la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen. Qui va célébrer cet anniversaire ?

Plus d'un siècle auparavant, le 26 mai 1679, en Angleterre, avait été proclamé le Bill d’Habeas Corpus qui réglait, avec précision, le droit de l’inculpé et du détenu. En 1688, avait été renversé le roi, Jacques II, et proclamé le Bill of Right qui marquait le passage d’une monarchie de droit divin à une monarchie constitutionnelle fondée sur un contrat.


Le Bill of Right est encore fréquemment déchiré et, malgré le Bill d'Habeas Corpus, le plateau de la justice est souvent écrasé, à droite


Enfin, le 4 juillet 1776, les habitants des colonies anglaises d'Amérique avaient proclamé leur indépendance dans une très belle Déclaration qui a énoncé, pour la première fois, le « droit au bonheur ».



Thomas Jefferson, auteur de la déclaration d'Indépendance.

La Déclaration française des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 réalise la synthèse de ces textes et des idéaux politiques du « Siècle des Lumières ». Elle s'applique à l'ensemble des êtres humains, hommes et femmes réunis, conformément au genre neutre du mot Homme dans la langue française. Le texte ne fait référence à aucune religion, ni aucun régime politique particulier.

Louis XVI, qui s'opposait fermement à l'Assemblée nationale, se résolut à ratifier la Déclaration, le 5 octobre 1789, sous la pression du peuple, accouru de Paris à Versailles, et sur l'insistance du Marquis de La Fayette.

L'Article premier, le plus beau et le plus important, énonce : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, et : « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune ». Il récuse les privilèges et porte en germe la condamnation de l'esclavage comme des ségrégations sexuelles, religieuses ou raciales.

La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, avec les décrets des 4 et 11 août 1789 sur la suppression des droits féodaux, constitue l’un des textes fondamentaux votés par l'Assemblée Constituante. Elle comporte un préambule et 17 articles qui mêlent des dispositions concernant l'individu et la Nation. Elle définit des droits « naturels et imprescriptibles » comme la liberté, la propriété, la sûreté, la résistance à l'oppression. La Déclaration reconnaît également l'égalité, notamment devant la loi et la justice. Elle affirme, enfin, le principe de la séparation des pouvoirs. Elle sert de préambule à la première Constitution de la Révolution Française, adoptée en 1791.

Bien que la Révolution ait, par la suite, renié certains de ses principes et élaboré deux autres déclarations en 1793 et 1795, c'est le texte du 26 août 1789 qui est devenu la référence des institutions françaises, notamment dans les Constitutions de 1852, 1946 et 1958.

La Déclaration de 1789 a inspiré, au XIXe siècle, des textes similaires dans de nombreux pays d'Europe et d'Amérique latine et la Convention européenne des Droits de l'Homme, signée à Rome, le 4 novembre 1950, reprend en partie la tradition révolutionnaire française.

Robert Badinter, ancien ministre de la justice dira, à ce sujet : « La Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789, même si elle est postérieure à la Constitution des États-Unis et à la Déclaration d'Indépendance, est un texte majeur dans l'histoire de la pensée et de la liberté parce qu'elle a imposé l'idée d'universalité des droits de l'homme. Que nous nous soyons toujours inspirés de la Déclaration de 1789 crée, entre la France et les droits de l'homme, un lien historique et affectif continu ».

Cette première pierre à l’édifice démocratique, fondateur de notre République, a été suivi par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793. Cette dernière a abouti à la Constitution de l'an 1 qui ne fut jamais appliquée, mais dont la mise en place fut souvent réclamée par la gauche française jusqu'au début du XXe siècle, le premier projet de Constitution de 1946 faisait, d'ailleurs, référence à cette déclaration.

Ce qui distingue la Déclaration de 1793 de celle de 1789, c'est la tendance égalitaire. L'égalité, comme premier droit naturel de l'Homme, est le mot d'ordre de la Déclaration. Ainsi, dès l'article 3, il est prévu que « Tous les hommes sont égaux par nature et devant la loi ». L'égalité est aussi le premier droit présenté à l'article 2. Pour les rédacteurs de la Déclaration de 1793, l'égalité n'est pas seulement civile mais aussi naturelle. À l’époque, pourtant, on estime déjà que la liberté et l’égalité peuvent devenir contradictoires et l’on se pose la question de savoir comment on peut aplanir, ou compenser, les inégalités sociales. L'article 21 proclame le droit de tout citoyen à l'assistance publique : la société est redevable au citoyen d'une assistance, d'un droit au travail et chaque citoyen peut donc revendiquer un travail. L'article 22 proclame le droit à l'instruction en dehors de la charge anciennement assumée par l'Église. Ces droits font partie de ce que l'on appelle la deuxième génération des droits de l'Homme : les droits économiques et sociaux. Ces droits, cette égalité naturelle, supposaient une intervention accrue de l'État, en accord avec le but fixé à l'article premier : « le bonheur commun ». L'article 25 réaffirme que la souveraineté réside bien dans le peuple. La liberté individuelle est maintenue et certains de ces aspects sont mieux définis que dans la Déclaration de 1789. En effet, la Déclaration de 1793 prévoit la liberté de culte, la liberté de commerce et d'industrie, la liberté de la presse, la liberté de se réunir en sociétés populaires et enfin le droit de pétition.

Trois articles sont consacrés au droit de résistance à l'oppression; ils précisent sa forme et son étendue. Même lorsque cette oppression n'atteint qu'un seul individu, la résistance est possible. Cette résistance peut être passive, par la grève, ou bien active, par la manifestation. La Déclaration reconnaît l'insurrection populaire contre un pouvoir oppressif, tyrannique et, despotique comme un devoir et l’affirme dans le 35ème et dernier article : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».


Les discussions de l’époque furent souvent âpres et rugueuses. Il ne faut pas oublier que nous sortions de 1500 ans de royauté de droit divin et que beaucoup de députés étaient monarchistes. Et pourtant, beaucoup des idées de l’époque n’ont pas pris une ride et devraient encore servir de base de réflexion et d’action à nos gouvernants, si prompts à s’emparer des idéaux historiques lorsque cela les arrange.

Rappelons nous seulement le travail des Jacobins, même si Jean Jaurès leur reprochait d’avoir voulu faire vivre le peuple français « à bon marché », d’exclure à la fois le communisme et la richesse, mais aussi d’avoir inauguré l’ère totalitaire en instaurant la terreur, cela me semble bien exagéré en comparaison avec ce qui se passe aujourd’hui dans le monde.

Faisant écho à Jean Jacques Rousseau qui affirmait que « les fruits sont à tous, et la terre à personne », Robespierre affirme que la propriété ne peut jamais être en opposition avec la subsistance des hommes. Cette opinion est réaffirmée par Saint Just qui, critiquant les thèses d’Adam Smith, disait « que des hommes durs, qui ne vivent que pour eux, portent atteinte gravement à l’harmonie sociale ».

A la lecture de ces écrits fondateurs, nous pouvons mesurer l’importance de la régression de notre société au sujet de la justice, de l’égalité et des libertés.

Pourtant, il y a 220 ans, tout était là pour un projet de société fondée sur la justice, la réciprocité, sur le droit à l’épanouissement, à la solidarité, à la fraternité et au respect des équilibres naturels. Un projet qui n’attend que vous, que nous et auquel il est encore possible de donner vie.

Il est là, ce projet, il n’attend que vous, que nous, rejoignez-nous pour lui donner vie. C’est l’objectif que s’assignent, notamment, les citoyens qui s’engagent au sein de la Ligue des Droits de l’Homme.

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Jean-Claude Vitran









samedi 15 août 2009

Le bal des faux-culs...

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé, qu'il avait décidé la suspension immédiate du préfet Paul Girot de Langlade de sa mission de coordinateur local des états généraux de l'Outre-mer pour la Réunion, après une plainte déposée contre lui pour des insultes à caractère raciste. "Je ne tolérerai jamais que des propos racistes ou discriminants soit tenus dans notre pays, d'autant plus par un représentant de l'Etat, quel qu'il soit, prévient Brice Hortefeux. Ces comportements sont indignes des valeurs de notre République". AP


Brice Hortefeux prêt à se suspendre de ses propres fonctions?

Paul Girot de Langlade, ex préfet de Corrèze, Savoie, Vaucluse, Guadeloupe, et Indre et Loire, est un triste sire, et néanmoins Chevalier de la Légion d'Honneur! En octobre 2002, ce haut fonctionnaire avait tenu des propos antitsiganes qui, alors, n'avaient guère ému son ministre de tutelle d'alors nommé Sarkozy. Condamné en septembre 2007, par le Tribunal de Paris, après récidive, suite à une plainte du MRAP, il avait été relaxé en appel, le 25 juin 2008.

Devenu préfet hors cadre (préfet sans territoire), le 13 septembre 2007, par décision du Conseil des Ministres, et sans doute estimé particulièrement qualifié, compte tenu de sa sensibilité face aux discriminations, il s'était vu confier, en 2009, la mission de coordinateur local des États généraux de l'Outre-mer pour la Réunion. Mais voilà que, le 31 juillet, de retour de voyage, à Orly, il injurie une femme agent de sécurité, d'origine antillaise, laquelle porte plainte.

Cela commence à faire beaucoup et les hypocrites, ou autres Ponce-Pilate, se sont saisis de cette grossièreté supplémentaire pour faire "un coup politique". Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, avec l'aval probable du Chef de l'État, en vacances vigilantes au Cap Nègre, s'est empressé de dénoncer le racisme de Girot de Langlade et lui a enlevé ses ultimes responsabilités. en le suspendant de fonctions qu'il n'exerçait d'ailleurs plus, sa mission étant achevé! Ainsi voudraient se dédouaner ceux dont les actes démentent les paroles et qui pratiquent, cet été, avec efficacité, la chasse à l'étranger et le regroupement familial en rétention!


Paul Girod de Langlade, Préfet de la république

Condamner les divagations racistes de Girot de Langlade, est nécessaire. Dénoncer la politique conduite par le couple Hortefeux-Besson aux ordres de Sarkozy, cet été, bien davantage! La presse s'est jetée sur la sanction dont écope Girod de Langlade, mais elle n'a pas dit grand chose du piège médiatique que constitue cette récupération des propos d'un haut fonctionnaire de plus en plus irresponsable!

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Le couple de la répression nationale

Que des associations ou partis se contentent d'être satisfaits de la suspension de Girod de Langlade est à bien courte vue. Pendant ce temps, les dirigeants français, sous les yeux du monde entier, pour notre plus grande honte, continuent à s'illustrer sur un mode berlusconien, tout en osant affirmer encore que notre pays est la Patrie des droits de l'homme.


Gavroche, revient, ils sont devenus fous...

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

mardi 4 août 2009

4 Août 1789 - 4 Août 2009

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En cette journée du 4 août 2009, revenons sur l'histoire.

Exactement il y a 220 ans, pendant la nuit du 4 au 5 août 1789.

Après la prise de la bastille le 14 juillet, la crainte d'une réaction de la noblesse entraîne une vague de révoltes dans la campagne française. Des paysans s'en prennent aux seigneurs, à leurs biens et à leurs archives.

Devant l’agitation, le 3 août, le duc d'Aguillon - deuxième fortune du royaume derrière le roi Louis XVI - lance l'idée de l'abolition des droits seigneuriaux. Il dit : " Le peuple cherche à secouer enfin le joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa tête .... L'insurrection trouve son excuse dans les vexations dont il est la victime."

Le lendemain soir, le vicomte de Noailles propose à l'Assemblée Nationale de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces. Le duc d'Aguillon propose l'égalité de tous devant l'impôt, le rachat des droits féodaux et l'Assemblée Nationale, après six heures de discussion, proclame l'abolition de tous les droits et privilèges féodaux, abattant du même coup tous les cadres sociaux de l'Ancien Régime, l'égalité devant la Loi devenant la règle.

Quelques jours plus tard, le 26 août, l'Assemblée Nationale tirera la conséquence de cette abolition en préparant la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Pourtant, aujourd'hui, cette égalité est encore au centre de tous les débats politiques nationaux et, encore plus, mondiaux.

Les exemples sont très nombreux, proches de nous, où le principe d'égalité est bafoué. Le plus criant est l'inégalité femme/homme fondée sur aucune vérité, sinon celle de l'arrogance masculine.

Les crises financières, sociales et écologiques qui se superposent créent des précipices inégalitaires entre les individus.

En ce qui concerne notre pays, le président de la République a été très clair dans son discours prononcé à Saint Quentin le 24 mars 2009 :"... Nos valeurs c'est le respect, la responsabilité, la justice, et la liberté..." a-t-il dit, sans citer l'égalité et la fraternité qui sont pourtant au fronton de nos édifices publics.

Il a ensuite poursuivi : " ... Je veux dire qu'il est légitime que ceux qui créent des richesses, qui créent des emplois, qui créent des entreprises gagnent de l'argent. Je souhaite même pour eux beaucoup d'argent. Il ne faut décourager l'esprit d'entreprendre. Elle est un moteur, depuis l'origine de l'humanité. Il ne faut pas pénaliser la réussite. Il ne faut pas tuer le goût du risque. L'égalitarisme, c'est le contraire de la justice. L’égalitarisme c'est le nivellement par le bas. Une société égalitaire c'est le contraire d'une société de liberté et de responsabilité..."

Le président emploie, d'ailleurs, le terme "égalitarisme". Lui, ou son rédacteur, n’ont pas lu le philosophe Karl Popper qui dans son ouvrage "la société ouverte et ses ennemis" défini l'égalitarisme comme le fondement de la méritocratie chère à notre président, lequel continue ensuite : " l'éthique du capitalisme, ce doit être une éthique de responsabilité, une éthique de l'effort, une éthique de l'honnêteté."

Nous sommes bien là dans une posture libérale de type anglo-saxon qui ne pas fait sienne les valeurs de solidarité et de fraternité, niant, de ce fait, le principe d'égalité voulu par nos illustres ancêtres.

Selon la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, les hommes naissent libres et égaux en droit, pourtant les différences d'origine, de niveau d'éducation, de sexe, d'âge, de couleur de peau, d'apparences physiques, de religions sont facteurs d'inégalités économiques - rémunérations, chômage...

Pour certains, les inégalités sociales sont tout à fait acceptables et il n'est pas nécessaire de les corriger sous prétexte d'uniformisation, de nivellement par le bas.

Pour d'autres, et c'est mon cas, les inégalités sociales sont la conséquence de la domination économique, politique et sociale du capitalisme.


Au nom de la justice et de la fraternité, elles doivent être corrigées et réduites le plus possible.

Depuis le 4 août 1789, 220 ans sont passés !

Ne désespérons pas, continuons notre lutte, même si le chemin nous semble encore long pour y arriver.


Jean-Claude Vitran


samedi 1 août 2009

Interrogation.




Je ne tiens pas à charger M. Julien Dray, la presse s'en charge bien suffisamment.

La justice passera et nous dira si les charges qui pèsent contre lui sont avérées.

Il n'est pas le premier dans cette situation, il ne sera pas le dernier, en effet le métier d'élu politique demande de réels efforts pour résister aux tentations et lorsque l'on est élu continuellement depuis plus de 20 ans, les mauvaises habitudes deviennent des habitudes, tout simplement.

Moi, je dis cela parce que je suis jaloux !

Enfin, il y a une chose qui néanmoins me chiffonne.

Il est fait état par la presse, sans que le mis en cause ne le contredise, qu'il a perçu 1 631 417 € en trois ans et dépensé 2 087 678 € durant la même période.

Pour les personnes, mal habituées à l’euro par des sommes aussi importantes, cela fait exactement 10 702 095 F perçus et 13 951 167 F dépensés.

Première question, à moins de taper dans son capital, comment fait-on pour dépenser plus que l'on perçoit, et pas qu'un peu : 456 261 € soit 2 993 072 F ?

Moi, quand j'ai un découvert de 10 €, ma banque me gronde, refuse mon prélèvement de 20 €, et, par pédagogie, me taxe d'au moins 40 € de frais.

L’égalité n’est pas de ce monde, il y a des différences de traitements !

Mais, ce n'est pas vraiment ce qui me préoccupe.

Vous allez penser que je suis curieux, ce qui me préoccupe : c'est comment un homme politique de gauche, enseignant chercheur de métier, s'y prend pour percevoir plus de 500 000 € par an et pour en dépenser beaucoup plus ?

Pour un homme qui a commencé sa carrière politique à la LCR, c’est un beau parcours.

Ah !, je vous entends, bandes de médisants, lui, il travaille plus pour gagner plus, car en plus d'être député et vice-président du conseil régional d’Ile de France, il est parfois horloger … il vend des montres, papetier …. il vend des stylos, pas une vulgaire marque, des Mont Blanc, quelquefois même un tailleur !

Vraiment , ma jalousie est mal placée.

Mea culpa ...

Je remercie solennellement tous ces politiques pour leur sollicitude et leur travail qui me permettent de percevoir 22 000 € par an après quarante ans de bons et loyaux services .....

En plus, je m'arrangerai dorénavant pour ne pas en dépenser plus.

Jean-Claude Vitran