samedi 2 décembre 2017

La démocratie encore bafouée ou l'affaire du GLYPHOSATE !


Lundi 27 novembre 2017, dix-huit pays de l'Union Européenne ont voté en faveur de la proposition de l'exécutif européen, neuf s'y sont opposés et un pays s'est abstenu.
Pour que la proposition soit validée il fallait que plus de 65 % de la population soit représentée.

Voici le détail du vote pays par pays :
  • Pour (65,71%): Bulgarie, Allemagne (qui s'était abstenue lors du vote précédent), République tchèque, Danemark, Estonie, Irlande, Espagne, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Finlande, Suède, Royaume-Uni;
  • Contre (32,26%): Belgique, Luxembourg, France, Croatie, Italie, Chypre, Grèce, Malte, Autriche;
  • Abstention (2,02%) : Portugal.

C'est l'Allemagne qui, pourtant, s'était abstenue lors du vote du 9 novembre 2017 et qui a pesé, cette fois, sur le résultat final. Le fait que Monsanto, producteur du RoundUp, soit en cours de rachat1 par Bayer n'est pas, bien entendu, étranger à ce revirement.

Le glyphosate est un herbicide puissant et polyvalent, breveté en 1974 sous le nom de Roundup, qui tue la plupart des plantes. Il est très critiqué par les défenseurs de l’environnement et a été classé comme « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé.

Depuis le début des années 2000, le brevet de Monsanto est tombé dans le domaine public et le glyphosate est utilisé partout dans le monde pour l’agriculture comme pour les jardins publics et privés. Il est fabriqué par plus de 90 sociétés dans une vingtaine de pays. Le marché mondial du glyphosate devrait dépasser 6 milliards de dollars en 2024. En France, il a été l'herbicide le plus vendu entre 2008 et 2013. Selon une enquête de « Cash Investigation » citée par France Info, 47 626 tonnes de glyphosate ont été écoulées dans l’Hexagone pendant cette période.

Le Roundup qui est utilisé dans les années 1990 permet aux agriculteurs de produire plus pour répondre à la demande - entre 1960 et 2004, le volume de la production agricole totale a doublé. En voulant interdire l'utilisation du glyphosate en France, Nicolas Hulot et le gouvernement ont suscité une levée de boucliers parmi les agriculteurs car beaucoup d'entre eux, notamment la FDSEA et la FNSEA, invoquant que ce produit est indispensable pour éliminer les mauvaises herbes, chardons et plantes vivaces, afin de préserver les plantes cultivées, défendent l’herbicide inventé par Monsanto. D’après ses utilisateurs, il n'y a pas d’équivalent aussi efficace et bon marché.

Pourtant, l'utilisation du Roundup par les particuliers et les agriculteurs n'est pas sans incidence sur l'environnement. En 2014, l'Inra prouve l'effet néfaste de ces produits sur les abeilles qui lorsqu'elles sont exposées à l'herbicide perdent le sens de l'orientation et ne retrouvent pas leur ruche. Les conséquences sont importantes sur la production de miel qui a atteint à peine 15 000 tonnes en 2013, contre 33 000 vingt ans auparavant. L'homme pourrait bien constituer la prochaine victime du Roundup. « Nous avons découvert que le glysophate changeait la régulation de la division des cellules, et donc qu'il avait une incidence sur l'induction de cancer », explique Robert Bellé2. Des conclusions également révélées par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Monsanto affirme sur son site que « les preuves sont limitées », que « Plusieurs études ne sont pas vraiment des études, mais plutôt des hypothèses », que « la corrélation entre le Roundup et la hausse des cancers reste difficile à établir ». Dans le même temps, de nombreux journaux internationaux affirment que la firme américaine a cherché à influencer les médias et la recherche scientifique afin de minimiser ou nier la toxicité du Roundup.

Au travers de ce vote des 28, il est impossible de ne pas voir la victoire du lobbying industrio-financier et la défaite d’une certaine idée de la Commission européenne, censée être garante de l’intérêt général européen et non porte-parole des intérêts des géants de la finance et de l’industrie.

C'est ce point qui met en cause la démocratie.

En effet, le mardi 24 octobre 2017, le Parlement européen a voté une résolution non contraignante, il est vrai, demandant la disparition du glyphosate dans l’Union européenne d’ici 2022 et son interdiction d'utilisation dès le 15 décembre 2017 pour l'utilisation à des fins non professionnelles.
La résolution, a été adoptée par 355 voix pour, 204 contre et 111 abstentions.

Par ailleurs, une pétition avait réuni 1,3 millions de signatures d'Européens, et le vote du Parlement visait à mettre la pression sur la Commission européenne.

Mais les autocrates omniscients de Bruxelles sont restés sourds aux demandes européennes et ont reconduit le « poison » pour cinq années supplémentaires.

Alors, le glyphosate a encore de beaux jours devant lui, les abeilles et les futurs malades aussi, car les membres de la Commission Européenne qui n'ont que faire des avis des citoyens européens en ont décidé autrement malgré les avertissements de l’OMS, la pétition de millions d’hommes et de femmes à travers l’Europe et le vote du Parlement européen.

Comme lors du vote de 2005 sur la Constitution européenne, la démocratie est, une nouvelle fois, bafouée et le citoyen le dindon.

Ca ne peut pas continuer ainsi !

Jean-Claude VITRAN


1    La Commission européenne a annoncé jeudi la suspension temporaire de sa procédure d'enquête sur le rachat de l'américain Monsanto par l'allemand Bayer, afin de permettre aux deux sociétés de fournir des informations jugées importantes par Bruxelles. Une fois ces informations fournies, une nouvelle date butoir sera annoncée pour que la Commission européenne arrête sa décision sur cette fusion, a précisé un porte-parole de la Commission. Initialement, la date-butoir était le 8 janvier 2018.

2.    Biologiste et professeur émérite à l'Université Pierre et Marie Curie.

lundi 20 novembre 2017

UN SCANDALE A 10 MILLIARDS D'EUROS : De qui se moque t'on


"Un scandale d'Etat" : ce sont les mots employés par Bruno Le Maire, Ministre de l'économie et des finances, pour qualifier l'absurdité de la taxe de 3 % sur les dividendes des grandes entreprises instaurée par le premier gouvernement de François Hollande et récemment rejetée par le Conseil Constitutionnel.

Un raté de taille qui contraint l'Etat « macronien » à trouver d'urgence 10 milliards d'euros pour rembourser les entreprises indûment prélevées.

Pour établir les responsabilités de ce scandale, le ministre des Finances avait missionné l'inspection générale des finances (IGF) en lançant un audit sur cette affaire. Ce faisant, il prenait le risque de mettre en cause la responsabilité du président qui en 2012, comme secrétaire général adjoint de l'Elysée, était en charge des sujets fiscaux.
Christian Eckert, ex-secrétaire d’Etat au Budget, affirmant, au passage, dans les colonnes du journal Le Parisien : « Emmanuel Macron ne peut pas dire qu’il ne connaissait pas le dossier. Il le surveillait comme le lait sur le feu. Quand je le voyais, nous parlions d’ailleurs souvent de ce contentieux ».

Le rapport1 a été rendu le 13 novembre. Alors, qui est responsable ?

Tout le gouvernement de l'époque puisque il est écrit que les responsabilités sont plurielles, belle façon de dédouaner tout le monde. Emmanuel Macron, bien entendu, en sort blanchi, car : « A l'été 2012, il n'était pas possible d'anticiper la nature des risques juridiques apparus ultérieurement ».

En fait, le rapport charge les ministres du gouvernement de Manuel Valls : « L’année 2015 marque un tournant décisif dans l’histoire de la taxe à 3 %. C’est en effet à partir de cette année qu’apparaissent des signes d’une perception élargie de la fragilité de la taxe » écrit l’IGF.

C'est Michel Sapin, alors ministre des Finances et des Comptes Publics en charge du dossier, qui porte le chapeau car, dixit le rapport, Emmanuel Macron, pourtant ministre de l’Economie et du numérique, n’était pas directement concerné.

Le plus extraordinaire dans cette affaire n'est pas qu'on trouve le moyen d'exonérer les responsables, cela nous devions nous y attendre, mais ce sont les précautions épistolaires de la rédactrice2 du rapport dans sa rédaction du préambule méthodologique :

« Les lecteurs doivent savoir que j’ai pu être influencée dans cette enquête par mes fonctions antérieures en qualité de directrice de la législation fiscale (de janvier 2004 à mars 2012) et que j’ai personnellement été partie prenante à la genèse du sujet, puisque j’avais sollicité au début de l’année 2012 l’autorisation d’ouvrir une consultation de place pour remplacer la retenue à la source sur les dividendes versés aux organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) non-résidents, dont l’annulation par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) paraissait certaine ; cela n’a pas été possible avant le changement de majorité. ... »

Quelle extraordinaire manière de ne pas se mouiller et de nous prendre pour des crétins !

Jean-Claude VITRAN

1 http://www.igf.finances.gouv.fr/files/live/sites/igf/files/contributed/IGF%20internet/2.RapportsPublics/2017/2017-M-076.pdf

2 Rédactrice : Marie-Christine LEPETIT - Inspectrice générale des finances - Chef du Service de l’Inspection générale des finances.

jeudi 16 novembre 2017

COP 23 : Il n’y a plus d’oiseaux dans mon jardin.


Alors que l'hiver approche, cette année, comme l'année dernière, il n’y a plus d’oiseaux dans mon jardin.

D'aucuns diront : quelle importance !

Je m'en excuse cher lecteur, mais cette question là me semble autrement importante pour nous tous que les pérégrinations de Macron à Tourcoing et à Abu Dhabi ou les échanges effervescents entre Médiapart et le Canard.

D'ailleurs, et ceci explique peut-être cela, il n'y a plus d'insectes non plus dans mon jardin. Je n'ai, pourtant, jamais utilisé de glyphosate1, de Roundup pour être plus clair.

Il n’y a plus d’oiseaux dans mon jardin.

Il paraît que je ne suis pas seul à faire ce constat car c'est l'ensemble de notre planète qui perd, très rapidement, ses oiseaux, ses insectes, ses grenouilles, ses coraux, ses glaciers ... bientôt ses hommes

Depuis toujours, quand vient l'automne et le froid, j'installe des mangeoires, mais depuis quelques mois le nombre d'usagers a diminué, et maintenant ils ne viennent pratiquement plus. Déjà depuis quelques années peu de martinets et plus du tout d'hirondelles, il reste encore la visite épisodique d'un merle, de quelques corbeaux et quelques pies, d'un rouge-gorge solitaire, mais plus aucun moineaux domestiques qui, après leur repas, venaient en bande joyeuse se baigner dans la mare. Même les mésanges me boudent.

Cette désertion s'est faite rapidement et elle s'est accélérée depuis trois ans.

Imaginez, un instant, la vie des nos descendants dans un univers sans oiseaux, sans leurs chants du matin ou du crépuscule, quelle tristesse !

Je suis allé sur le web pour me renseigner et, désespéré, j'ai lu que la sixième extinction massive de la biodiversité est bien en marche et qu'en seulement 30 ans, 421 millions d'oiseaux ont disparu, non pas sur Terre mais seulement en Europe ! Environ 90 % de ces pertes proviennent des 36 espèces les plus communes et les plus répandues, comme les moineaux domestiques, les alouettes, les perdrix grises et les étourneaux. Selon les spécialistes "le déclin global de la biodiversité est sans précédent" (dans l'histoire de l'humanité) et l'étude rapporte que les petits oiseaux déclinent plus vite que les grands et que les espèces les plus communes sont les plus touchées, avec des baisses de population considérables et rapides.

Ce qui est extraordinaire, mais surtout désespérant, c'est que cela n'a pas l'air d’inquiéter mes contemporains qui, lorsque j'en parle, se détournent en haussant les épaules : « encore une élucubration du vieux gâteux ».
Il y a pire, c'est que chacun des gouvernants y va de son couplet alarmant. Hier encore, Emmanuel Macron qui prenait la parole à Bonn dans le cadre de la COP 23 a affirmé que "Le seuil de l'irréversible a été franchi". Affirmer cela est particulièrement grave, car cela semble vouloir dire qu'il est déjà trop tard. Mais non, ça doit pas être si grave, car aussitôt descendu de la tribune, rattrapés et téléguidés par les lobbys industrio-financiers, l'ensemble des gouvernants se contredisent et pratiquent le double langage : blanc à l'extérieur, noir à l'intérieur.

En 2002 à Johannesburg, Jacques Chirac avait dit « qu'il y avait le feu à la maison », pourtant fin 2017, l'incendie fait toujours rage avec toujours plus de vigueur.

Pour en revenir aux oiseaux, sujet de ce blog, selon Richard Inger2 : "la perte importante des oiseaux communs pourrait être très préjudiciable à la société humaine" et mettrait en péril l'avenir de l'humanité étroitement dépendante des ressources de la nature.
En effet, ces oiseaux, comme tous les êtres vivants, sont des éléments importants et incontournables des écosystèmes : ils régulent les ravageurs en contrôlant leur prolifération, ils disséminent les graines des fruits et participent, ainsi, à la reproduction des végétaux et certains d'entre eux jouent un rôle important dans l'élimination des charognes dans l'environnement.

Cependant, ils ne sont pas seuls concernés par une extinction massive dont nous sommes tous responsables et qui met en péril l'avenir de l'humanité.
L'évaluation de quelque 6 000 espèces révèle que 44% de tous les mollusques d'eau douce, 37% des poissons d'eau douce, 23% des amphibiens, 20% d'une sélection de mollusques terrestres, 19% des reptiles, 15% des mammifères et des libellules, 13% des oiseaux, 11% des coléoptères saproxyliques, 9% des papillons et 467 espèces de plantes vasculaires sont menacées.

Le Commissaire européen à l'Environnement, Janez Potočnik, affime : « Le bien-être des Européens et des hommes du monde entier dépend des biens et des services que fournit la nature. Si nous ne traitons pas les causes qui provoquent ce déclin et que nous n'agissons pas d'urgence pour y mettre fin, nous pourrions payer le prix fort. »

Emmanuel Macron vient d'en faire le constat, qu'attend-il pour prendre la tête de la nouvelle croisade ?

Jean-Claude VITRAN

1   Il se consomme 700 000 tonnes de glyphosate dans le monde dont 8000 tonnes en France. Il n'y a pas que le Roundup qui soit en cause, mais aussi 750 produits fabriqués par 90 firmes dans 20 pays. Il n'est pas seulement utilisé comme désherbant, mais aussi comme accélérateur de maturité pour les céréales, les légumes, les fruits … C'est un cancérogène probable, il agit sur l'ADN humain, principalement chez les femmes enceintes et il est avéré que c'est un tueur d'abeilles.

2   Chercheur à l'institut pour l'environnement et le développement durable à l'université d'Exeter - Royaume-Uni

jeudi 2 novembre 2017

« Emmanuel » chiche qu'on ne ratifie pas le CETA !


L'accord de libre échange, appelé CETA, entre le Canada et l'Union Européenne n'a pas encore été ratifié par le Parlement français, pourtant depuis le 21 septembre presque tous les produits européens et canadiens s'échangent sans droit de douane. 

Le seul point qui reste en suspens est la légalité des tribunaux d'arbitrage en cours d'examen par la Cour de justice de l'Union Européenne, malgré tout sans la ratification de l'accord par les 28 membres de l'UE 98 % des produits européens et canadiens s'échangent librement de part et d'autre de l'Atlantique.

La question qui se pose est : « est-il encore possible d'arrêter la mise en œuvre du CETA ? »

En principe, si la Cour de justice dit non ou si un seul État ne le ratifie pas, la mise en œuvre provisoire est stoppée, mais les règles de sortie ne sont pas claires et il « semble » que l'arrêt de la mise en œuvre ne serait pas automatique.

Si un État ne ratifie pas il devra notifier son refus et une discussion s'engagera alors entre les pays européens. Les observateurs sont d'accord pour affirmer que tout dépend de l'État qui rejette l'accord, si c'est la Slovénie, peut-être que la mise en œuvre continuera, si c'est la France, ce ne serait certainement pas le cas.

En ce qui concerne la ratification par le Parlement français, c'est le volet environnement qui semble coincer, car le Canada pourrait remettre en cause les engagements de l'accord de Paris, mais la France Insoumise de Mélenchon pense que c'est « du vent pour gagner du temps » et le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, qui considérait le traité « climaticide » avant d'être ministre, a annoncé une ratification « probablement » au « deuxième semestre 2018 » soit plus d’un an après l’entrée en vigueur du traité !

Tous les spécialistes s'accordent à dire que la lutte contre le réchauffement climatique est « le grand absent » de cet accord et qu'il aura un impact « défavorable » en la matière.

Il semble qu'on peut, une nouvelle fois penser qu'Emmanuel Macron prend les Français pour des imbéciles et qu'il n'a aucune volonté de s'opposer au traité dans son état actuel : pourquoi ne s’est-il pas opposé à l’entrée en vigueur provisoire du traité le 21 septembre ? Pourquoi n’a-t-il pas présenté des contre-mesures à ses homologues européens lors du conseil de l’Union européenne des 19 et 20 octobre dernier ?

Le président semble aussi crédible que son prédécesseur quand il annonçait que la finance était son ennemi !

Les tergiversations du pouvoir ont au moins un avantage, celui de nous donner du temps pour convaincre les parlementaires et les Français que se serait un crime, au moins écologique, que d’appliquer ce traité. 

Au travail !

Jean-Claude VITRAN


lundi 23 octobre 2017

Le président Macron est-il républicain ?



La question « le président Macron est-il républicain ? » se pose aujourd'hui.

La réponse me semble claire : non, Emmanuel Macron n'est pas républicain puisque c'est une conjonction d'intérêts financiers, économiques et privés sans programme politique qui l'a porté au pouvoir pour gouverner la France. 

D'ailleurs, il n'a pas besoin de programme, puisqu'il est, seulement, le super PDG de l'entreprise France, le responsable de sa gouvernance, selon le mot à la mode. L'objectif qu'on lui a assigné est de maximiser les profits de la Start-up nationale.

Son seul mot d'ordre : Réussissez ! c'est la loi.

Et tant pis pour ceux, les plus nombreux qui ne réussissent pas ; ceux là ne sont rien, ce sont des illettrés, des poivrots, des fainéants, des fouteurs de bordel … enfin des minables qui ne méritent pas qu'on s'occupe d'eux, ou simplement à la marge pour avoir la paix.

Depuis son élection, par ses attitudes et ses propos il a montré son profond mépris pour le peuple. Peut-être, d'ailleurs, n'est-ce pas du mépris, mais seulement de l'indifférence ... ou plutôt de la suffisance, de la condescendance, du sentiment de supériorité.

Bien qu'il ait dérogé à ce principe en acceptant, récemment, d'être interviewé à la télévision, rappelons-nous la justification de son mutisme lors du 14 juillet 2017 : « la pensée complexe du président se prête mal au jeu des questions-réponses avec des journalistes ».

Les journalistes sont-ils un peu idiots, ou, pire, sont-ce les Français qui le sont ?

Cette attitude a grandi le fossé qui se creuse entre les citoyens et le président. Lui n'en a cure : il ne fait pas de politique, il est manager et un bon manager ne tient pas compte de l'opinion publique mais seulement de la courbe des profits.

Dans une tribune du journal Le Monde, Alexandre Viala écrit : « Ni de droite ni de gauche, le libéralisme qu’incarne Emmanuel Macron est le nom d’une forme de gouvernement qui se présente comme un défi à la démocratie qui dans la doctrine politique anglo-saxonne, est appelé « épistocratie1 ».

Ce néologisme, peu usité, qui caractérise un gouvernement dont le pouvoir est confié aux savants2 signifie la fin de la République - chose publique - partagée par tous.

En effet, être républicain c'est accepter la démocratie comme un espace collectif où chacun par sa contribution individuelle permet l’émergence de décisions communes et légitimes. Mais, pour les « sachants » composant l'épistocratie, il n’existe que les lois naturelles du marché - la main invisible – celles qui appauvrissent la pensée et qui dépossèdent les individus de leurs droits politiques, de leurs souverainetés et par delà qui conduisent à la mort de la démocratie.

Les citoyens n'ont plus leur place dans ce dogme économico-financier ; ils ne reste plus que des consommateurs transparents, des chiffres sur des tableaux statistiques, des masses globales, qui, cependant, doivent impérativement participer aux résultats financiers du pays sous peine d'être, dégradés, exclus et renvoyés au caniveau.

Nous subissons depuis le 7 mai 2017 cette gouvernance déshumanisée qui creuse tous les jours de profondes inégalités et conduisent notre pays à la faillite.

Jean-Claude VITRAN

1    https://fr.wikipedia.org/wiki/Epistocratie
2   L'idée est ancienne. Déjà, dans La République Platon estimait souhaitable de confier le pouvoir aux philosophes.

mardi 17 octobre 2017

E. Macron a peut-être raison : nous devenons crétins !


En effet, si l'on en croit les spécialistes le monde occidental se crétinise.

Pas seulement parce que nous acceptons n'importe quelle politique, mais parce qu'il y a une baisse généralisée du QI en occident depuis une quinzaine d'années.

Même si on peut douter de la pertinence du QI, sa valeur de comparaison est intéressante et significative.

A l'inverse du 20ème siècle, où l'amélioration des conditions sanitaires et l'accès généralisé à l'éducation avait permis une augmentation du QI moyen, le début du 21ème siècle marque une baisse importante.

Moins 14 points sont constatés au Royaume Uni - score moyen 100. Avec une baisse de seulement 4 points, la France s'en sort légèrement mieux mais son score moyen de 98, la met en queue de peloton des grandes nations mondiales. Cette tendance s'observe aussi en Australie, aux Pays-Bas, au Danemark, en Norvège et en Suisse, etc ...

Les plus forts QI se trouvent en Asie avec des scores de 105 à 110.

Les chercheurs attribuent ce phénomène à des causes écologiques, démographiques et sociologiques : 
- les perturbateurs endocriniens agiraient sur le système thyroïdien empêchant le développement harmonieux du cerveau.

- les individus à QI élevé auraient moins d'enfants entraînant une sous représentation au sein de la population totale.

- La consommation de cannabis régulière et excessive pourrait provoquer une baisse de QI de près de 8 points. 

- Enfin, l'hypothèse d'un abrutissement généralisé dû au temps accru passé devant la télévision. En 2016, il est de 3 heures 52 minutes soit environ 60 jours par an ! Regarder la télévision entraînerait des effets sur les fonctions cognitives chez les plus jeunes notamment.


Il est à noter qu'il s'agit d'une moyenne générale touchant l'ensemble des individus. Cela veut dire que personne n'est à l'abri de ce déclin tendanciel, pas même l'oligarchie qui se considère comme l'élite de la nation.


Jean-Claude VITRAN

vendredi 13 octobre 2017

FRANCAIS : on nous prend pour des crétins !


Lors d'un déplacement en province, Emmanuel Macron a émaillé ses propos de la trivialité : « bordel ».

Même si d'autres avant lui, nous ont habitué à des écarts de langage, on est en droit d'être surpris par l'emploi d'une telle expression dans la bouche du président de la République.

Le problème c'est que cela ne s'arrête pas là car le porte-parole du gouvernement a justifié cette dérive : « on peut être cultivé et parler comme les français ».

Après ses propos sur les ouvrières « illettrées », ses remarques à un ouvrier en T-shirt, sa façon d’opposer les « gens qui réussissent » et ceux « qui ne sont rien », sa récente raillerie sur les « fainéants » … Il faut se rendre à l'évidence, ses « sorties » ne sont pas des dérapages, des banalités de conversation … ce sont des saillies choisies avec soin pour donner des gages à son clan.

Emmanuel Macron n'est pas le président de tous les Français, mais seulement celui d'une prétendue élite qui veut dicter sa loi.

Pour cette auto-proclamée aristocratie qui nous méprise, nous sommes incultes, malpolis, grossiers, populaires, ignares ... en un mot des crétins !

Mais enfin ! pour qui se prennent-t-ils ! ils feraient bien de se regarder dans un miroir !


Jean-Claude VITRAN