jeudi 16 novembre 2017

COP 23 : Il n’y a plus d’oiseaux dans mon jardin.


Alors que l'hiver approche, cette année, comme l'année dernière, il n’y a plus d’oiseaux dans mon jardin.

D'aucuns diront : quelle importance !

Je m'en excuse cher lecteur, mais cette question là me semble autrement importante pour nous tous que les pérégrinations de Macron à Tourcoing et à Abu Dhabi ou les échanges effervescents entre Médiapart et le Canard.

D'ailleurs, et ceci explique peut-être cela, il n'y a plus d'insectes non plus dans mon jardin. Je n'ai, pourtant, jamais utilisé de glyphosate1, de Roundup pour être plus clair.

Il n’y a plus d’oiseaux dans mon jardin.

Il paraît que je ne suis pas seul à faire ce constat car c'est l'ensemble de notre planète qui perd, très rapidement, ses oiseaux, ses insectes, ses grenouilles, ses coraux, ses glaciers ... bientôt ses hommes

Depuis toujours, quand vient l'automne et le froid, j'installe des mangeoires, mais depuis quelques mois le nombre d'usagers a diminué, et maintenant ils ne viennent pratiquement plus. Déjà depuis quelques années peu de martinets et plus du tout d'hirondelles, il reste encore la visite épisodique d'un merle, de quelques corbeaux et quelques pies, d'un rouge-gorge solitaire, mais plus aucun moineaux domestiques qui, après leur repas, venaient en bande joyeuse se baigner dans la mare. Même les mésanges me boudent.

Cette désertion s'est faite rapidement et elle s'est accélérée depuis trois ans.

Imaginez, un instant, la vie des nos descendants dans un univers sans oiseaux, sans leurs chants du matin ou du crépuscule, quelle tristesse !

Je suis allé sur le web pour me renseigner et, désespéré, j'ai lu que la sixième extinction massive de la biodiversité est bien en marche et qu'en seulement 30 ans, 421 millions d'oiseaux ont disparu, non pas sur Terre mais seulement en Europe ! Environ 90 % de ces pertes proviennent des 36 espèces les plus communes et les plus répandues, comme les moineaux domestiques, les alouettes, les perdrix grises et les étourneaux. Selon les spécialistes "le déclin global de la biodiversité est sans précédent" (dans l'histoire de l'humanité) et l'étude rapporte que les petits oiseaux déclinent plus vite que les grands et que les espèces les plus communes sont les plus touchées, avec des baisses de population considérables et rapides.

Ce qui est extraordinaire, mais surtout désespérant, c'est que cela n'a pas l'air d’inquiéter mes contemporains qui, lorsque j'en parle, se détournent en haussant les épaules : « encore une élucubration du vieux gâteux ».
Il y a pire, c'est que chacun des gouvernants y va de son couplet alarmant. Hier encore, Emmanuel Macron qui prenait la parole à Bonn dans le cadre de la COP 23 a affirmé que "Le seuil de l'irréversible a été franchi". Affirmer cela est particulièrement grave, car cela semble vouloir dire qu'il est déjà trop tard. Mais non, ça doit pas être si grave, car aussitôt descendu de la tribune, rattrapés et téléguidés par les lobbys industrio-financiers, l'ensemble des gouvernants se contredisent et pratiquent le double langage : blanc à l'extérieur, noir à l'intérieur.

En 2002 à Johannesburg, Jacques Chirac avait dit « qu'il y avait le feu à la maison », pourtant fin 2017, l'incendie fait toujours rage avec toujours plus de vigueur.

Pour en revenir aux oiseaux, sujet de ce blog, selon Richard Inger2 : "la perte importante des oiseaux communs pourrait être très préjudiciable à la société humaine" et mettrait en péril l'avenir de l'humanité étroitement dépendante des ressources de la nature.
En effet, ces oiseaux, comme tous les êtres vivants, sont des éléments importants et incontournables des écosystèmes : ils régulent les ravageurs en contrôlant leur prolifération, ils disséminent les graines des fruits et participent, ainsi, à la reproduction des végétaux et certains d'entre eux jouent un rôle important dans l'élimination des charognes dans l'environnement.

Cependant, ils ne sont pas seuls concernés par une extinction massive dont nous sommes tous responsables et qui met en péril l'avenir de l'humanité.
L'évaluation de quelque 6 000 espèces révèle que 44% de tous les mollusques d'eau douce, 37% des poissons d'eau douce, 23% des amphibiens, 20% d'une sélection de mollusques terrestres, 19% des reptiles, 15% des mammifères et des libellules, 13% des oiseaux, 11% des coléoptères saproxyliques, 9% des papillons et 467 espèces de plantes vasculaires sont menacées.

Le Commissaire européen à l'Environnement, Janez Potočnik, affime : « Le bien-être des Européens et des hommes du monde entier dépend des biens et des services que fournit la nature. Si nous ne traitons pas les causes qui provoquent ce déclin et que nous n'agissons pas d'urgence pour y mettre fin, nous pourrions payer le prix fort. »

Emmanuel Macron vient d'en faire le constat, qu'attend-il pour prendre la tête de la nouvelle croisade ?

Jean-Claude VITRAN

1   Il se consomme 700 000 tonnes de glyphosate dans le monde dont 8000 tonnes en France. Il n'y a pas que le Roundup qui soit en cause, mais aussi 750 produits fabriqués par 90 firmes dans 20 pays. Il n'est pas seulement utilisé comme désherbant, mais aussi comme accélérateur de maturité pour les céréales, les légumes, les fruits … C'est un cancérogène probable, il agit sur l'ADN humain, principalement chez les femmes enceintes et il est avéré que c'est un tueur d'abeilles.

2   Chercheur à l'institut pour l'environnement et le développement durable à l'université d'Exeter - Royaume-Uni

jeudi 2 novembre 2017

« Emmanuel » chiche qu'on ne ratifie pas le CETA !


L'accord de libre échange, appelé CETA, entre le Canada et l'Union Européenne n'a pas encore été ratifié par le Parlement français, pourtant depuis le 21 septembre presque tous les produits européens et canadiens s'échangent sans droit de douane. 

Le seul point qui reste en suspens est la légalité des tribunaux d'arbitrage en cours d'examen par la Cour de justice de l'Union Européenne, malgré tout sans la ratification de l'accord par les 28 membres de l'UE 98 % des produits européens et canadiens s'échangent librement de part et d'autre de l'Atlantique.

La question qui se pose est : « est-il encore possible d'arrêter la mise en œuvre du CETA ? »

En principe, si la Cour de justice dit non ou si un seul État ne le ratifie pas, la mise en œuvre provisoire est stoppée, mais les règles de sortie ne sont pas claires et il « semble » que l'arrêt de la mise en œuvre ne serait pas automatique.

Si un État ne ratifie pas il devra notifier son refus et une discussion s'engagera alors entre les pays européens. Les observateurs sont d'accord pour affirmer que tout dépend de l'État qui rejette l'accord, si c'est la Slovénie, peut-être que la mise en œuvre continuera, si c'est la France, ce ne serait certainement pas le cas.

En ce qui concerne la ratification par le Parlement français, c'est le volet environnement qui semble coincer, car le Canada pourrait remettre en cause les engagements de l'accord de Paris, mais la France Insoumise de Mélenchon pense que c'est « du vent pour gagner du temps » et le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, qui considérait le traité « climaticide » avant d'être ministre, a annoncé une ratification « probablement » au « deuxième semestre 2018 » soit plus d’un an après l’entrée en vigueur du traité !

Tous les spécialistes s'accordent à dire que la lutte contre le réchauffement climatique est « le grand absent » de cet accord et qu'il aura un impact « défavorable » en la matière.

Il semble qu'on peut, une nouvelle fois penser qu'Emmanuel Macron prend les Français pour des imbéciles et qu'il n'a aucune volonté de s'opposer au traité dans son état actuel : pourquoi ne s’est-il pas opposé à l’entrée en vigueur provisoire du traité le 21 septembre ? Pourquoi n’a-t-il pas présenté des contre-mesures à ses homologues européens lors du conseil de l’Union européenne des 19 et 20 octobre dernier ?

Le président semble aussi crédible que son prédécesseur quand il annonçait que la finance était son ennemi !

Les tergiversations du pouvoir ont au moins un avantage, celui de nous donner du temps pour convaincre les parlementaires et les Français que se serait un crime, au moins écologique, que d’appliquer ce traité. 

Au travail !

Jean-Claude VITRAN


lundi 23 octobre 2017

Le président Macron est-il républicain ?



La question « le président Macron est-il républicain ? » se pose aujourd'hui.

La réponse me semble claire : non, Emmanuel Macron n'est pas républicain puisque c'est une conjonction d'intérêts financiers, économiques et privés sans programme politique qui l'a porté au pouvoir pour gouverner la France. 

D'ailleurs, il n'a pas besoin de programme, puisqu'il est, seulement, le super PDG de l'entreprise France, le responsable de sa gouvernance, selon le mot à la mode. L'objectif qu'on lui a assigné est de maximiser les profits de la Start-up nationale.

Son seul mot d'ordre : Réussissez ! c'est la loi.

Et tant pis pour ceux, les plus nombreux qui ne réussissent pas ; ceux là ne sont rien, ce sont des illettrés, des poivrots, des fainéants, des fouteurs de bordel … enfin des minables qui ne méritent pas qu'on s'occupe d'eux, ou simplement à la marge pour avoir la paix.

Depuis son élection, par ses attitudes et ses propos il a montré son profond mépris pour le peuple. Peut-être, d'ailleurs, n'est-ce pas du mépris, mais seulement de l'indifférence ... ou plutôt de la suffisance, de la condescendance, du sentiment de supériorité.

Bien qu'il ait dérogé à ce principe en acceptant, récemment, d'être interviewé à la télévision, rappelons-nous la justification de son mutisme lors du 14 juillet 2017 : « la pensée complexe du président se prête mal au jeu des questions-réponses avec des journalistes ».

Les journalistes sont-ils un peu idiots, ou, pire, sont-ce les Français qui le sont ?

Cette attitude a grandi le fossé qui se creuse entre les citoyens et le président. Lui n'en a cure : il ne fait pas de politique, il est manager et un bon manager ne tient pas compte de l'opinion publique mais seulement de la courbe des profits.

Dans une tribune du journal Le Monde, Alexandre Viala écrit : « Ni de droite ni de gauche, le libéralisme qu’incarne Emmanuel Macron est le nom d’une forme de gouvernement qui se présente comme un défi à la démocratie qui dans la doctrine politique anglo-saxonne, est appelé « épistocratie1 ».

Ce néologisme, peu usité, qui caractérise un gouvernement dont le pouvoir est confié aux savants2 signifie la fin de la République - chose publique - partagée par tous.

En effet, être républicain c'est accepter la démocratie comme un espace collectif où chacun par sa contribution individuelle permet l’émergence de décisions communes et légitimes. Mais, pour les « sachants » composant l'épistocratie, il n’existe que les lois naturelles du marché - la main invisible – celles qui appauvrissent la pensée et qui dépossèdent les individus de leurs droits politiques, de leurs souverainetés et par delà qui conduisent à la mort de la démocratie.

Les citoyens n'ont plus leur place dans ce dogme économico-financier ; ils ne reste plus que des consommateurs transparents, des chiffres sur des tableaux statistiques, des masses globales, qui, cependant, doivent impérativement participer aux résultats financiers du pays sous peine d'être, dégradés, exclus et renvoyés au caniveau.

Nous subissons depuis le 7 mai 2017 cette gouvernance déshumanisée qui creuse tous les jours de profondes inégalités et conduisent notre pays à la faillite.

Jean-Claude VITRAN

1    https://fr.wikipedia.org/wiki/Epistocratie
2   L'idée est ancienne. Déjà, dans La République Platon estimait souhaitable de confier le pouvoir aux philosophes.

mardi 17 octobre 2017

E. Macron a peut-être raison : nous devenons crétins !


En effet, si l'on en croit les spécialistes le monde occidental se crétinise.

Pas seulement parce que nous acceptons n'importe quelle politique, mais parce qu'il y a une baisse généralisée du QI en occident depuis une quinzaine d'années.

Même si on peut douter de la pertinence du QI, sa valeur de comparaison est intéressante et significative.

A l'inverse du 20ème siècle, où l'amélioration des conditions sanitaires et l'accès généralisé à l'éducation avait permis une augmentation du QI moyen, le début du 21ème siècle marque une baisse importante.

Moins 14 points sont constatés au Royaume Uni - score moyen 100. Avec une baisse de seulement 4 points, la France s'en sort légèrement mieux mais son score moyen de 98, la met en queue de peloton des grandes nations mondiales. Cette tendance s'observe aussi en Australie, aux Pays-Bas, au Danemark, en Norvège et en Suisse, etc ...

Les plus forts QI se trouvent en Asie avec des scores de 105 à 110.

Les chercheurs attribuent ce phénomène à des causes écologiques, démographiques et sociologiques : 
- les perturbateurs endocriniens agiraient sur le système thyroïdien empêchant le développement harmonieux du cerveau.

- les individus à QI élevé auraient moins d'enfants entraînant une sous représentation au sein de la population totale.

- La consommation de cannabis régulière et excessive pourrait provoquer une baisse de QI de près de 8 points. 

- Enfin, l'hypothèse d'un abrutissement généralisé dû au temps accru passé devant la télévision. En 2016, il est de 3 heures 52 minutes soit environ 60 jours par an ! Regarder la télévision entraînerait des effets sur les fonctions cognitives chez les plus jeunes notamment.


Il est à noter qu'il s'agit d'une moyenne générale touchant l'ensemble des individus. Cela veut dire que personne n'est à l'abri de ce déclin tendanciel, pas même l'oligarchie qui se considère comme l'élite de la nation.


Jean-Claude VITRAN

vendredi 13 octobre 2017

FRANCAIS : on nous prend pour des crétins !


Lors d'un déplacement en province, Emmanuel Macron a émaillé ses propos de la trivialité : « bordel ».

Même si d'autres avant lui, nous ont habitué à des écarts de langage, on est en droit d'être surpris par l'emploi d'une telle expression dans la bouche du président de la République.

Le problème c'est que cela ne s'arrête pas là car le porte-parole du gouvernement a justifié cette dérive : « on peut être cultivé et parler comme les français ».

Après ses propos sur les ouvrières « illettrées », ses remarques à un ouvrier en T-shirt, sa façon d’opposer les « gens qui réussissent » et ceux « qui ne sont rien », sa récente raillerie sur les « fainéants » … Il faut se rendre à l'évidence, ses « sorties » ne sont pas des dérapages, des banalités de conversation … ce sont des saillies choisies avec soin pour donner des gages à son clan.

Emmanuel Macron n'est pas le président de tous les Français, mais seulement celui d'une prétendue élite qui veut dicter sa loi.

Pour cette auto-proclamée aristocratie qui nous méprise, nous sommes incultes, malpolis, grossiers, populaires, ignares ... en un mot des crétins !

Mais enfin ! pour qui se prennent-t-ils ! ils feraient bien de se regarder dans un miroir !


Jean-Claude VITRAN

mercredi 4 octobre 2017

3 octobre 2017 - L'Etat de droit est mort.


Depuis plusieurs années, je m'évertuais à ouvrir les yeux de mes camarades sur la grave maladie que traversait notre démocratie française.

Après le vote massif des députés de l'Assemblée Nationale du 3 octobre 2017, je suis consterné de vous annoncer sa disparition.

En effet, une large majorité godillot aidés par les socialistes, que je croyais membres de ma famille, ont adopté le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme permettant de faire entrer l'état d'urgence dans le droit commun mais de faire sortir la France de l'Etat de droit.

Pour rappel, l'Etat de droit est celui qui protège tous les citoyens de l'arbitraire et qui les maintient à l'abri du césarisme administratif ou policier.

Nous ne sommes plus dans cette configuration car le nouveau texte de loi est attentatoire aux droits fondamentaux et aux libertés collectives et individuelles.

Nous sommes sortis de l'Etat de droit pour entrer dans un Etat d'exception permanent.

Désormais le pouvoir est concentrè dans les mains de l'exécutif : les préfets, l'administration, les polices, sous prétexte de terrorisme pourront n'importe quand, n’importe où et contre n'importe qui, mettre entrave à la liberté de circulation, de culte, pénétrer dans les domiciles, etc ... sans avoir à se justifier devant une juridiction. Sur de simples présomptions, sous des prétextes fallacieux, l'administration et son relai policier pourront s'en prendre à un individu, l'immobiliser, le mettre à l'écart. Si quelqu'un dérange le pouvoir - syndicaliste, journaliste, blogueur, écologiste, fonctionnaire, opposant ... - il sera relativement simple d'invoquer le terrorisme pour le bâillonner.

On peut, bien entendu, prétendre que mes propos sont exagérés, que la situation n'est pas si grave.

Regardons simplement ce que disait l'avocat François Sureau dans un entretien à Mediapart « il y a eu 6 000 perquisitions administratives pour 41 mises en examen. Et sur les 41 mises en examen, 20 sont des mises en examen pour apologie du terrorisme, c’est-à-dire des crimes d’ordre intellectuel. Au cours de ces 6 000 perquisitions, vous avez parfois bousillé la vie des gens, vous êtes intervenu dans leurs libertés individuelles de manière brutale pour un résultat extrême faible », et il faut aussi se souvenir de l'utilisation alibi de l'état d'urgence contre des écologistes lors de la COP21 et des manifestants contre la loi El Khomri.

Dans ses conditions une nouvelle loi est-elle utile ?

Non, mais le nouveau gouvernement justifie sa loi d'exception en affirmant que le système antérieur est insuffisant et inadapté à la lutte contre le terrorisme. Pourtant, tous les défenseurs des droits et tous les juristes ont montré que cette nouvelle loi n’était pas nécessaire car la France a l’une des législations antiterroristes les plus efficaces d’Europe.

Il y a eu plus de vingt législations en trente ans !

De plus, qui, aujourd'hui, peut prétendre que notre pays ne sera jamais dirigé par un pouvoir encore plus autoritaire.

Est-il utile de lui préparer le terrain ?

La Présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) Christine Lazerges résume parfaitement cette problématique : « Si ce projet de loi est adopté et que l’extrême droite arrive un jour au pouvoir, la France sera dans une situation extrêmement difficile en matière de libertés. Un tel pouvoir n’aurait absolument rien à ajouter à ce texte.»

Il y a deux hypothèses à ce choix politique : le nouveau pouvoir cache ses vraies intentions qui seraient ancrées « très à droite » ou bien il manque d'un minimum de courage politique.

Même si c'est particulièrement navrant et préoccupant, restons sur la seconde hypothèse. Pour sortir, ce qui était nécessaire, de l'état d'urgence sans faire preuve de laxisme aux yeux d'une partie des Français qui croit à son efficacité, de la droite et de l’extrême droite, l'exécutif au lieu de faire preuve de pédagogie s'engouffre dans une nouvelle loi dans la tradition des justices d'exception à la française qui remet en cause l'Etat de droit et la démocratie.

Jean-Claude VITRAN


mardi 3 octobre 2017

Un pied de nez au capitalisme


Pour vendre leur production directement aux consommateurs, sans passer par les réseaux de distribution traditionnels, 35 agriculteurs alsaciens se sont regroupés pour racheter une grande surface à Colmar et vendre leurs produits sans intermédiaire - du producteur au consommateur.

L’initiateur du projet explique que l’idée lui est venue il y a longtemps. « Je suis maraîcher et je pratique la vente au détail depuis longtemps mais j’en avais assez de livrer mes produits à la grande distribution, de cette pression perpétuelle sur les prix et les services et que la situation ne cesse de se détériorer. » il ajoute qu'il cultive, lui-même, 35 sortes de tomates : « mais les supermarchés ne m’en prennent que deux sortes ».

Les agriculteurs, tous situés à moins de 40 km du magasin, tiennent des permanences régulières dans leur magasin, un ancien Lidl, rebaptisé « Cœur Paysan ».
« Les fruits et légumes sont moins onéreux, par exemple le kilo de mâche est vendu 10 euros alors que les grossistes les revendent 12 à 13 euros le kilo (…) Certains produits sont plus chers, concède un maraicher comme les fromages artisanaux, mais la qualité n’est pas la même. »


L'originalité du projet réside aussi dans le modèle économique qui se démarque totalement de celui de la grande distribution. Les agriculteurs restent propriétaires de leurs produits jusqu’au passage en caisse où une commission de 22 à 32% est prélevée par le magasin. Ils sont, ainsi, responsables face aux consommateurs et ce sont eux qui fixent les prix de leurs produits.

Il faut faire connaître ce magasin pas comme les autres afin que cette très bonne idée essaime et que d’autres paysans emboîtent le pas de leurs collègues Alsaciens.

Coeur Paysan : 84, Route de Neuf-Brisach, 68000 Colmar - Tel 09 67 83 57 31 - Email : www.coeur-paysan.com